De La Corogne à Porto Santo

Porto Santo le 23 juillet 2009

La suite du voyage de Nuages.

A la Corogne le poulpo galligea et autres tapas ont été à la hauteur de mes souvenirs; La ville est agréable, beaucoup de gens dans la rue, mélangeant harmonieusementl es générations, jusque tard le soir. Depuis le front de mer avec les immeubles aux loggias en verres, jusqu'aux petites ruelles avec les terrasses de cafés, en passant par la grande place, c'est des gamins qui s'amusent dans la rue, des parents qui discutent entre eux, des personnes agées qui regardent tout cela avec nostalgie ... Le dimanche les vents sont dans le nez. Le lundi c'est un peu meilleur pour les vents, mais au matin il pleut. C'est plutôt un crachin breton avec un ciel trés bas. Je n'aurais pas eu le rendez vous avec Sébastien, je ne partais pas. C'est donc sous la pluie que je largue les amarres, pour faire de l'ouest, avec le vent de face.

DepartDeLaCorogne Trés peu de visibilité. Un bateau francais appelle à la VHF car il est en panne de moteur et va rentrer sur la Corogne. Je lui explique que j'étais exactement dans sa situation l'année dernière, et l'ai rassuré sur ce qu'il devait faire. Dès que je peux mettre un peu de sud dans mon cap le bateau se met à bien marcher à la voile. Au niveau du Cap finisterre que je passe vers 21h, il fait beau et j'alterne, moteur et voile au gré des humeurs du vent qui ne se décide pas à s'installer vraiment. Devant Finisterre

Ensuite c'est la descente plein sud. La nuit je ne dors pas beaucoup car beaucoup de bateaux de pêche demandent une veille permanente. En effet, les mouvements des bateaux de pêche sont un peu erratiques, ils peuvent faire demi tour brusquement . De plus ils ont des éclairages puissants qui empêchent de voir leurs feux tricolores qui donnent indication de leur trajectoire. Je passe devant les îles de Cies que je m'étais promis de visiter. Mais avec les retards du chantier, je n'ai plus le temps. La prochaine fois .. peut-etre... Dans la journée de lundi 13 c'est alternance de moteur et de voile par un temps calme et lumineux que je descends toujours au Sud. La nuit suivante, je ne dors que trés peu à cause des pécheurs . Je pense voir un filet dérivant d'au moins deux milles de long. Je dois me détourner 3 fois. Je commence à avoir vraiment sommeil : Je m'endors devant le radar. Dans la journée toujours pas mal de dauphins. Je lis beaucoup (en particulier "les Disparus" de Daniel Mendhelson), je somnole, j'apprécie ce temps qui passe à son rythme, qui ne ressemble pas à celui du terrien ... A 20 h je passe le cabo Roca qui est le cap le plus à l'ouest du continent Européen. Cabo Rocca Il faut faire trés attention aux petites marques des filets. Et ce qui devait arriver arrive : Je touche une de ces bouées je stoppe immédiatement le moteur. Je remarque que ma barre est bloquée. La procédure voudrait qu'un équipier se mette à l'eau et inspecte hélice et gouvernail. Or je suis tout seul et trop fatigué pour me mettre à l'eau. Je lance un appel "Pan Pan" sur la VHF pour demander assistance. pendant mon appel je m'apercois que ce qui bloque ma barre est le pilote automatique chose tout à fait normale ! Je pense que je manquai trop de sommeil pour ne pas avoir pensé au su pilote. J'annule donc mon appel à assistance. et continue ma route vers le port de Cascais tout proche (banlieue balnéaire de Lisbonne). Un bateau de sauvetage me rejoint et m'escorte jusqu'au port où j'aurai droit à l'accueil de la policia maritima, alors que j'ai surtout envie de me mettre sous la couette .. Enfin je suis arrivé au lieu de rendez-vous et à l'heure.

Le mercredi attente vaine d'un mécano qui doit faire la révision obligatoire des 100 heures du moteur. Arrivée de Lionel, puis de Sébastien. C'est bien sympa d'avoir du monde (et en plus des jeunes) à bord. Je rencontre sur le port Jean-Luc qui est propriétaire du même bateau que moi. Nous correspondions depuis au moins 3 ans par mail car nous avions les mêmes projets. Jean Louis est parti l'année dernière. Je n'avais plus de ses nouvelles et me demandais ce qu'il evenait. Il rentrait de Madère et attendait des équipiers pour remonter en Bretagne. Avec Jean-Luc et mes jeunes nous avons passé une soirée sympa dans un petit restaurant à manger des sardines ou de la dorades, à parler bateau, voyage et autres.. Autre rencontre sympa : Un couple espagnol relativement agé (autour de 65 ans chacun) navigant sur un bateau de la taille du notre. Ils étaient partis de Bilbao et allaient en Italie. Aprés avoir passé Gibraltar et s'être arrétés à Malaga, leur fille leur téléphone en disant qu'elle se mariait le 8 août! Ils font donc demi-tour, repasse Gibraltar. A Cascais ils attendaient patiemment que le vent du nord s'arrête pour pouvoir remonter vers la Galice et être à Bilbao à l'heure pour le mariage !! Visiblement la dame avait besoin de parler. Le jeudi attente toujours vaine du mécano. De toute facon le vent est trop fort pour démarrer notre traversée vers Madère. Sébastien et Lionel tente un bain sur la plage, mais l'eau est trop froide. Ils prennent leur habitude de la bière à un euro sur une petite terrasse dans Cascais... Vendredi le mécano est passé. Nous sortons dans la baie pour teser équipage et matériel : le vent dans les rafale souffle à plus de 35 noeuds mais a mer est plate dans la baie. Nous décidons de partir le samedi, sachant qu'il restera du vent assez fort et une mer plus qu'agitée. Par contre cela devrait s'améliorer dans la nuit de samedi ensuite cela devrait être tout bon sauf un peu de vent tournant au sud ouest si nous ne sommes pas assez rapides... Au départ c'est beau temps peu de vent, Dès que l'on sort de la baie le vent monte. C'est un ris, puis 2 ris avec du génois enroulé, puis finalement c'est avec la grand voile affalée que nous continuons. Lionel et Sebastien Le vent reste établi plusieurs heures à 35 noeuds. La mer est trés forte de trois quart derrière, avec quelques déferlantes. Il fait très beau. Le spectacle est grandiose : la mer toute blanche, ou toute argentée du côté du soleil, le bruit du vent qui siffle dans les hautbans, et des vagues qui déferlent. Pour Lionel le baptême est magistral. Sébastien et Lionel se mettent un patch de scopoderm. Je préfère barrer que mettre le pilote. Finalement je vais barrer 12 heures d'affilé jusqu'à 2heures du matin. Lionel n'est pas rassuré, mais me tient compagnie dans le cockpit. Sébastien en profite pour se reposer sur une couchette (il retrouvera son patch dans son T-shirt). La nuit c'est finalement moin impressionnant, car on ne voit pas les vagues !! On les entend déferler derrière et pousser le bateau Le bateau part au lof 2 fois, mais ne se couche pas trop. Vers 2 heure du matin le dimanche, le vent se calme et reste à 25 noeuds. Je mets le pilote et peut un peu me détendre. Le bateau a marché super bien, pointes à plus de 10 noeuds au GPS et plus de 11 noeuds au speedo. En 24 heures Cascais est déjà derrière nous à 167 miles en ligne directe soit 7 noeuds de moyenne (179 miles d'après le speedo) . Dans la journée de dimanche c'est une navigation idéale vent entre 15 et 20 noeuds. Le bateau marche bien mais un peu moins vite que la veille. Notre pilote automatique tombe en panne et nous demandera de constament barrer. De plus dans un empannage du à la houle et malgré (ou à cause ?) le frein de bome, la bome se casse net. La Bome Nous continuerons donc jusqu'au bout sous génois seul, en rajoutant un peu de moteur dans les dernières heures pour compenser le manque de grand voile. Les deux autres nuits, Lionel et sébastient prennent le premier quart de 10h à 2 h du matin, je prends ensuite de 2h à 6 ou 7h. Nous avons croisé des cargos le pemier jour, et passerons plus de 24 heures sans en revoir. La première nuit nous avons dépassé un autre voilier (nous n'en avons vu que les lumières), que nous avons perdu de vue. Nous avons apercu quelques dauphins (mais moins qu'attendu) et 2 tortues. Nous avons péché une bonite ( aussitot cuisinée en papillotte au four avec jus de citron huile d'olive, tomates, oignons sel et poivre) un régal ... Nous avons perdu 3 bas de lignes (prise trop grosses ?) Mardi vers 14h nous apercevons la terre : les sommets de Porto Santo. Arrivée sur Porto Santo

Il nous reste une cinquantaine de miles. Nous arrivons au port de porto santo à la tombée de la nuit. le bateau est amarré à 22h. Voila la traversée est terminée aprés 82 h de mer. La nuit sera bonne et calme. Mercredi nous nettoyons le bateau, réparons le pilote : une goupille avait sauté. Il faudra le tester. Je prends contact avec le chantier nautique local pour plusieurs problèmes: -La bome à remplacer -En mer je me suis apercu que le pied de mat a été mal positionné (par le chantier de Loctudy !!) dans son emplacement -un peu d'eau entre dans la jupe par des vis d'un caoutchou de protection ou par les vis de l'échelle et mouille ma couchette Ici sur la digue du port, les équipages laissent sur la digue une peinture trace de leur passage : Je trouve la trace du bateau boisbarbu (un couple degrenoblois qui a le même bateau que le notre et qui est passé ici au moins de juillet), et la trace de "Duchesse d'Angoulème" un bateau de Loctudy passé ici en 97. Ce bateau a disparu depuis en mer en bretagne avec son nouvel équipage ... Les prochains jours nous irons sur Madère. Je reviendrai à porto santo pour ma bome et repositionnement du pied de mat. Bises à tous et à bientôt. Sébastien, Lionel et Daniel sur Nuages