nuages

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

jeudi 23 février 2012

Voyage à vélo au Burkina Faso

Après deux ans de voyage en bateau je suis un peu frustré par le manque de contact avec les populations locales des pays visités. De belles rencontres avec d'autres navigateurs, mais peu (hors business) avec les habitants de toutes ces iles..

Je choisis d'aller faire un tour à vélo au Burkina-Faso. Le Burkina-Faso est un petit pays ( à vélo on aime bien les petites distance), francophone (agréable pour les contacts), peu touristique, relativement calme ( je n'ai pas envie de jouer aux héros), de plus les burkinabe utilisent beaucoup le vélo dans leurs déplacements quotidiens. Le nom Ouagadougou me fait rêver depuis 40 ans.

Personne ne voulant m'accompagner, je pars seul... Toujours le stress du départ (comme avant de larguer les amarres...).

J'emmène avec moi mes sacoches de vélo, un porte bagage, un compteur de vélo ... Je pense m'acheter un vélo sur place. J'ai aussi tente et duvet dans le cas où j'aurai des problèmes de logement.

Arrivé à Ouagadougou, je retrouve le choc des couleurs, des bruits, des odeurs, de la vie/survie partout dans la rue, les marchés. La chambre d'hôte est dans un quartier populaire, sans touriste. très agréable. Le premier jour c'est la recherche d'un vélo à acheter. Il y a beaucoup de marchands de vélo, mais ils proposent tous la même gamme de vélo chinois qui ne semblent pas adaptés à mon programme (vélo chargé et voyage sur les pistes). Par coup de chance , le soir à la chambre d'hôte je rencontre Lasso, un burkinabé de Bobo, qui me propose de me faire expédier par son frère un vélo que leur a laissé un blanc qui voyageai t à vélo en Afrique. Effectivement le lendemain je vais à une gare routière récupérer un superbe vélo type VTT avec suspension avant et arrière, fabriqué pour Décathlon. Je passe chez un soudeur pour installer mon porte bagage, j'installe le compteur, la gourde, ma sacoche avant.

Je profite des quelques jours passés à Ouagadougou, pour me promener (à pied ou à vélo), me fondre dans la foule des marchés des quartiers périphériques, aller faire la causette avec les paysans maraichers qui arrosent leurs terres avec l'eau des puits près des barrages, jouer au scrabble assis sur un bidon dans la rue, boire une bière bien fraiche au "maquis" du quartier, discuter avortement à la buvette, regarder un match de football de la coupe d'Afrique des Nations autour d'un poste de télévision posé sur le trottoir devant une échoppe, parcourir les six mètres (rues) du quatier ....

Partout (sauf près du grand marché), l'accueil est agréable, sourire, conversation spontanée.

En raison de risques dus à l'AQMI, la zone sahel du pays est déconseillée aux voyageurs, je choisis donc un itinéraire vers le sud-ouest.

Après trois jours passés à Ouagadougou, il faut s'arracher du confort et du super accueil de la chambre d'hôte, charger les sacoches sur le vélo, vérifier que rien n'est oublié et se lancer dans l'inconnu de la route....

Dès le départ, au petit matin, je suis pris dans le flot des deux roues de Ouagadougou et je prends mes repaires dans cette circulation dense, polluée qui a ses règles spécifiques (en particulier le plus lourd a priorité).

Cela va être près de quatre semaines de nomadisme, où chaque matin je refais mes bagages pour voir ce qu'il y a plus loin. Comme me l'écrivait Martine c'est l'utopie qui nous fait avancer, pour le marin son utopie est l'ile paradisiaque qu'il cherche à chaque escale, pour le cycliste elle est cet endroit idéal où il déposerait définitevement son sac...

Je comprends vite que je ne peux pas pédaler après midi en raison de la chaleur. Je commence donc au tout lever du jour vers 6h30. Avant de prendre la route c'est généralement à la nuit que je quitte mon logement. C'est le moment ou des femmes installent leur feu et font cuire les beignets pour les enfants allant à l'école ou les travailleurs partant aux champs. J'y achète deux trois beignets et trouve souvent un vendeur de Nescafé pour mon petit déjeuner. Puis c'est l'heure idéale pour démarrer, les premières lueurs du jour puis les premiers rayons du soleil donnent de jolies couleurs changeantes à la savane et à la piste et des ombres qui révèlent le relief de la végétation. C'est aussi l'occasion de partager quelques kilomètres de piste avec les collégiens et lycéens rejoignant leurs écoles sur des vélos grinçant, tressautant. Petites conversations tout en pédalant. Ensuite c'est les rencontres avec les femmes allant chercher du bois, de l'eau ou travailler aux champs, à pied ou à vélo, très souvent avec le dernier né dans le dos. Le matin des grands marchés c'est un flot continu sur une quinzaine de kms de femmes portant bois, vannerie, ou mil sur la tête. Elles sont bien habillées (jolis pagnes, quelques bijoux) et profitent de ces heures de marche pour discuter entre elles. Un matin c'est 3 générations d'homme d'une famille se rendant à vélo demander en mariage une fille, le dernier avec une chèvre vivante sur le porte bagage. Ils sont contents et me hèlent avec beaucoup de joie. Près de Diebougou en pays très animiste, c'est un homme et une femme se rendant à l'initiation, vêtus d'un simple pagne sur les hanches, le corps recouvert d'une pâte blanche, portant un fétiche, suivis par deux femmes avec sur la tête deux grands paniers contenant les affaires des initiés qui vont aller vivre un mois en forêt. Quand je croise tous ces gens soit sur le bord de la piste soit dans les villages, c'est toujours des sourires. Chez les femmes et les enfants, souvent d'abord une hésitation, puis quand je dis bonjour, alors c'est grands sourires et grands "Et chez vous ça va?". Une fois une fillette sur son vélo, en me voyant arriver, a eu peur (jamais vu de blanc?). Elle a laissé tomber son vélo et est partie en courant. Il faut dire que je ne passe pas inaperçu : un blanc à vélo, avec de grosses sacoches, c'est en général du jamais vu... Je m'arrête assez souvent dans les villages, près des concessions, souvent hélés par des hommes assis sous un bel arbre et buvant le dolo. Le dolo est la bière de mil, préparée (et vendue) par les femmes dans 3 grandes poteries sur un foyer. Il est servi uniquement dans des calebasses. Le matin peu alcoolisé, le soir un peu plus. Cela me permet de me désaltérer sans risque de microbes. Dans le sud, on ne trouve pas de dolo, mais du bangui qui est du vin de palme fabriqué par les hommes. J'en ai bu aussi beaucoup.

J'ai visité beaucoup de marchés, depuis les plus simples avec juste des légumes, céréales sous des abris en paille contre le soleil, à des marchés en dur (voutes à la Gaudi à Koudougou) où l'on trouve de tout (poteries, quincaillerie, droguerie, vanneries, divers artisans). C'est toujours beaucoup de monde, de la couleur, du bruit des odeurs, l'occasion de saluer des connaissances, de faire causette, de flaner. Tous les étales de légumes, de fruits de poissons séchés sont tenus par les femmes, les hommes s'occupant de la viande et du reste. Dans les marchés j'achète des fruits bananes , oranges, peu souvent des mangues (pas encore la saison), des biscuits. A Koudougou je me fais faire une chemise en pagne.

Près de Boromo, je prends une mauvaise piste pour aller au campement de Kaicedra pour tacher de voir des éléphants. Avec un guide nous marchons 2 heures avant d'entendre le bruit de branches cassés, les éléphants ne sont pas loin, nous apercevons les dos gris de deux jeunes et de leur mère, nous les suivons en jouant à cache cahe avec eux, jusqu'à la rivière, où nous les surprenons dans l'eau. Très belles images de ces bêtes avec la lumière rasante du soleil très bas. En revenant au campement c'est un troupeau d'une dizaine qui nous surprend. A deux reprises nous avons à courir, quand le vieux male du troupeau fait mine de nous charger. Ces éléphants ne sont pas aimés des populations locales, car ils peuvent piétiner leurs plantations. Dans ce campement j'aperçois un singe et je me régale des cris des oiseaux, le soir, la nuit et au lever du jour. Une vraie symphonie dans laquelle les instruments se répondent les uns aux autres... (Pour beaucoup de burkinabe l'un des dangers qui me guettent pour ce voyage à vélo est celui des bêtes sauvages, en fait à part les éléphants que j'aurais pu croiser à vélo dans cette région -il y avait des traces sur la piste empruntée-, les crocodiles et les hippopotames dans les lacs, je n'en ai pas vues.)

J'ai beaucoup aimé les concessions (habitation d'une famille) clôturées ou ouvertes, à case rondes ou carrées suivant l'ethnie, avec les greniers séparés ou inclus dans la construction; les toits pointus en paille ou en terrasse avec les échelles sculptées dans des branches d'arbre; les poteries utilisées pour stocker l'eau, le dolo et autres; les fétiches à l'entrée, sur les toits , devant des arbres; les tombes des ancêtres sur lesquelles les enfants jouent; les grands arbres (souvent des manguiers) à proximité sous lesquels les femmes pilent le mil à plusieurs pour se donner du courage. Au fur et à mesure des kilomètres passés, on sent des changements surtout au niveau de l'habitat. Pays Mossi cases rondes et greniers séparés, pays Lobi habitation unique compartimentée en pièces (une pour chaque femme, une pour les instruments de musique etc), pays Dan cases carrées pour les hommes, cases rondes pour les femmes ....

Le Burkina Faso est un pays très plat, un peu monotone. Le sud Ouest est la région de la savane. De très beaux arbres : Baobab, Kapokier, Kaicedra, Manguiers. Il faut plusieurs centaines de kilomètres après Ouaga pour apercevoir quelques collines. Dans le sud, quelques formations rocheuses (domes de Banfora, pics de Sindou) rompent la monotonie et offrent de jolis points de vue. Les belles couleurs de la savane au lever et au coucher du soleil me rappellent les films et documentaires sur l'afrique. C'est la saison sèche, on aperçoit partout les traces des cultures pratiquées à la saison des pluies. Le moindre metre carré est exploité. Il y a beaucoup de champs de coton. Le coton a été ramassé en fin d'année. D'énormes tas attendent encore le camion pour être exporté via les port d'Abidjan, ou de Cotonou. Les hommes travaillent sur ces tas de coton pour en faire des ballots. Ces gros tas sont d'une blancheur immaculée, ils font penser à de la neige...

A cette saison, il y a peu de travail dans les champs, sauf dans les zones où on peut arroser des cultures vivrières. Beaucoup d'hommes sont donc inoccupés. Par contre les femmes elles n'arrêtent pas ... aller checher de l'eau au puits, moudre les grains, aller chercher le bois, faire la cuisine .... et tout cela avec en général un enfant dans le dos.

Quelques panneaux contre le Sida et l'excision rappellent ces maux dont souffrent la population. La pauvreté est ici bien visible: pas d'eau courante, pas d'électricité, haillons, enfants pieds nus, ventres ballonnés d'enfants malnutris, pas de lunettes de vue, mendicité des petits talibe dans les villes.

Si par ses paysages le Burkina Faso n'est pas extraordinaire, il l'est par sa population. De ce voyage je retiendrai toujours les sourires, l'humanité et l'accueil chaleureux de ces burkinabe qui n'ont rien et donnent tout. Je retiendrai ce que m'a dit Paul, un gardien de nuit d'un tout petit hôtel, un homme sans instruction qui dort toutes les nuits dehors sur une chaise et n'est jamais sorti à plus de 20 km du village : "continue ces voyages, ils apprennent à ton coeur beaucoup de choses que l'école n'a pu t'apprendre" ......

Côté pratique:

Pour le logement je n'ai jamais eu de problème : maison d'hôte à Ouagadougou, ailleurs petits hôtels (certains vraiment très sommaires, je mets la tente sur le lit pour me servir de moustiquaire et me protéger d'une literie douteuse), mission catholique, chez les bonnes soeurs, chez le chef de village, ou dans un bureau désaffecté de la mairie. J'e n'ai utilisé la tente en extérieur qu'une seule nuit ... Douche tous les soirs, en général un seau. Pour la nourriture, essentiellement du riz, ou du couscous pour changer du riz, servi dans des petits restaurants ou acheté dans la rue. On achète la viande grillée (chèvre, mouton, poulet, zébu) à part. J'ai mangé de très bonnes soupes de poisson. En dehors des villes, l'usage de la fourchette est réservé aux visiteurs, quant au couteau : inexistant! Pour la boisson, c'était eau en bouteille quand je pouvais. mais il est plus facile de trouver de la bière en bouteille. Quelques cachets dans l'eau douteuse, sinon bière et dolo ou bangui. J'ai crevé trois fois, toujours réparé par un réparateur de vélo. J'ai cassé deux roulements, même dans le plus petit village, j'ai pu me faire dépanner. (les burkinabe utilisent beaucoup le vélo comme moyen de locomotion). Il y a même des laveurs de vélos et motos (il faut dire que sur les pistes tout se salit, et les pignons et chaines n'aiment pas bien) J'ai surtout roulé sur les pistes. elles sont en bon état à cette saison, et il y a très peu de circulation alors que sur les rares routes en goudron les camions et bus roulent vite. Je roulais assez peu. En début de séjour des étapes de 85km en moyenne, ensuite en raison de la chaleur 65 km me suffisaient. A Bobo Dioulasso, j'ai rendu le vélo à son propriétaire qui n'a pas accepté que je l'indemnise, même pour lui rembourser le prix du transport du vélo par car !

Quelques photos
Surlapiste-2.jpg
Sur la piste.
vanneuse.jpg
Une jolie vanneuse
Poidslourdenpanne.jpg
Chauffeur de poids lourd en panne attendant depuis 2 jours la dépanneuse!
RueaOuaga.jpg
Rue à Ouagadougou
RueaOuaga2.jpg
A Ouagadougou
Soudeurvelo.jpg
Soudure pour fixer le porte-bagage
Nescafedumatin.jpg
Dans un petit village, le Nescafé du matin
beignets
Les beignets du petit déjeuner
ateliervelo
Atelier de vélo où je fais changer un roulement.
autrevelo
Autre vélo
velosurlapiste.jpg
Vers le marché
Directionlemarche.jpg
Encore vers le marché
musicos1.jpg
musicos2.jpg Les musiciens qui s'en reviennent de funérailles
nounoursdansledos.jpg
Un nounours dans le dos. Un des rares jouets d'enfants que j'ai vu.
Oignons.jpg
Ramassage d'oignons, sur les terres qui peuvent être arrosées
Pausedolo.jpg
Pause dolo (bière de mil)
pilagesorgo.jpg
Pilage à trois pour se donner du courage.
Pintadescochonsetchevres.jpg
Pintades, cochons et chèvres...
Poteries.jpg
poteries2.jpg
Poteries
puit.jpg
Au puits
reparationSacoche.jpg
Réparation des sacoches
salledecinema.jpg
Salle de cinéma dans un village de chercheur d'or. Tout au solaire..
sida.jpg
Lutte contre le Sida dans un village du sud ouest
soupedepoisson.jpg
La soupe de poisson: excellente
stationessence.jpg
La station essence
Surlapisteetroite.jpg
Ici pas de risque de renontrer voitures et camions...
Surledosducroco.jpg
Sur le dos d'un croco assoupi
taxibrousse.jpg
Taxi brousse, transport multimodal
toitcaselobi.jpg
Sur les toits d'une case Lobi
Unchefdevillage.jpg
Le chef de village
vanneuses2.jpg
La vannerie
vautour.jpg
Vautouretcochon.jpg
La décharge au centre ville de Boromo.
lasieste.jpg
La sieste
velosurlapiste.jpg
Femme enceinte se rendant chez le médecin
xylophone.jpg
Le balafon des enfants en pays Lobi
Zebumaigre.jpg
Un zébu sur les champs qui seront cultivés à la prochaine saison des pluies
coton.jpg
coton2.jpg
Les hommes constituent les ballots de coton
dansunvillage.jpg
Baobab dans le village
Greniers.jpg
Greniers2bis.jpg
interieurdegrenier.jpg
Les greniers
Eventage.jpg Eventage, cochons et poules en profitent
fetichelobi.jpg Fétiche Lobi elephantsdansleau.jpg
Après 3 heures de cache cache on retrouve les éléphants dans la rivière
enfantnu.jpg
Enfants.jpg
enfantsatablebis.jpg
enfantsoudeur.jpg
Enfants du Burkina
familleLobi.jpg
Après une heure de pause, la famille Lobi me dit au revoir
femmeetenfantavelo.jpg
femmeportantlebois.jpg
Femmesaurepos.jpg
Fillesetenfantsdansledos.jpg
FilleBoromo.jpg
Les femmes du Burkina

mardi 23 août 2011

De Horta a Marseille

Grenoble Le 29 août,

Voilà le dernier récit de cette navigation depuis Loctudy. Je mets du temps à l'écrire car je n'ai pas envie de terminer ce voyage.

A Horta, après cette traversée en solitaire, je retrouve beaucoup de bateaux rencontrés aux Antilles. Nous sommes contents de nous retrouver, de nous raconter. La vie sociale est très chargée, car les contacts entre navigateurs y sont très faciles, et le café des Sport est ouvert tard... En particulier je retrouve Valérie sur Antinea, Gerd sur "Unique Dream" (parti le même jour, mais avec un autre routeur, gerd arrive une semaine après et a essuyé deux coups de vent avec 40noeuds. Gerd avoue que mon routeur est meilleur que le sien), Emmanuel sur Grand Daoulam, La petite famille belge sur "Echo". Les Finlandais Hanna et Veikko sur "Canace", Sandra Franck et Damien sur "Grand Mimi" Marie Jo et Michel sur Avel-Dro arrivent une semaine plus tard, après avoir attendu à Flores une bonne météo pour rejoindre Horta au moteur (ils n'ont plus de mât), Henry et George sur Pytheas 2 (eux aussi partis le même jour de St Martin) accompagnent Avel-Dro.

Le port d'Horta, à cette époque, est bondée. Nous sommes à couple de 4 ou 5 bateaux, nous avons souvent à manoeuvrer pour laisser partir ceux qui sont plus proches du quai. Cela facilite les contacts et rencontrons à cette occasion un vieux couple de Suédois, rentrant chez un eux après 10 ans de navigation et qui estime qu'il est temps, pour eux, de poser leurs valises...

Noelle rejoint le bord. Nous appréçions beaucoup le climat des Açores (on est contents de mettre une petite laine..), l'accueil des portugais, la vie tranquille de ces iles si éloignées de tout. Ces iles sont toutes différentes. Nous n'avons pas pu aller sur toutes.

A Horta sur l'ile de Faial, c'est surtout la rencontre avec les autres marins, les apéros et bières partagés. C'est aussi la balade sur le cratère du volcan, et ses paysages verdoyants, la petite ville de Horta, où nous retrouvons le noir et blanc des maisons et des pavés chers au Portugal..

Sur l'ile Pico nous avons gravi le sommet culminant du Portugal (2300m). C'est un ancien volcan avec quelques vapeurs chaudes au sommet d'où la vue est magnifique entre les nuages. Les 1200m de descente sur la lave laissent pendant 48h des souvenirs cuisants dans nos cuisses manquant d'entrainement.

L'ile de San Gorge, offre de beux paysages de pâturages suspendus au dessus de la mer. C'est la période des fêtes du Spiritu Santu. Beaucoup d'expatriés rentrent au pays, il y a des courses de taureaux avec une corde un peu partout, des grands repas dans les rues, des défilés..

L'ile de Terceira nous surprend par la beauté de sa capitale Angra de Heroismo, témoin d'une longue histoire.

Enfin L'ile de Sao Miguel plus touristique, possède de jolis lacs de cratère. La vie y est plus intense. Les hotensias et les agapanthes en fleur enchantent les bords des routes. Nous assistons au Théatre à un concert de Fado (Katia Guereiro). J'apprécie beaucoup cette musique où la voix est le principal instrument. Public et chanteur expriment beaucoup mais dans la retenue..

Dans la capitale Punta Degalda sur Sao Miguel, nous préparons notre départ pour traveser vers Cadix à plus de 900miles (1700km). Nous assistons au départ de "Canace" pressé par une reprise du boulot mi juillet en Finlande... Noelle insiste pour partir rapidement. Je tente une option qui ne s'avèrera pas payante (Pytheas 2, parti 2 jours après nous, arrivera un jour seulement après nous).

Nous partons le 29 juin un peu nostalgique de quitter de si belles escapes sans savoir si nous y retournerons. Comme prévu c'est du près qui chahute un peu les estomacs. les jours suivants le vent tombe. Noelle s'occupe à tricoter, moi à lire. Nous apercevons plusieurs jets de baleine, dont deux très hauts. Le vent du Nord s'établit au bout de 3 jours. Afin de passer la route des cargo le jour, nous prenons la cape pendant plusieurs heures. Nous nous détournons pour laisser passer un cargo qui, contacté par radio, aurait du se détourner. J'avais choisi de faire une route vers Lisbonne et de descendre ensuite vers le Sud. Devant Sines nous faisons des ronds dans l'eau (3 ris et trinquette arisée avec un vent de 25 a 30 noeuds) en début de nuit de façon à passer le cap Sao Vicente (de mauvaise réputation) quand le vent baissera un peu. Ensuite c'est par vent portant et mer plate que nous arrivons à Barbate après 10 jours de mer depuis les Açores. Heureux de retrouver le continent européen. Au cours de cette navigation j'ai coupé la route faite il y a deux ans avec Sébastien et Lionel quand nous allions sur Madère. Cela sent la fin du voyage.

Nous allons visiter Cadix avec le car. et retrouvons le soir Henri, Georges et Jany de Pytheas 2, avec qui nous allons naviguer de concert jusqu'a 30 miles de Marseille.

Avec une bonne météo, nous passons le détroit de Gibraltar (les portes de l'Olympe), Toujours émouvant de voir à la fois l'Europe et l'Afrique. Cela y est nous sommes en Méditerranée que j'avais quittée il y a 3 ans. Après le détroit le vent monte dans la soirée, la nuit nous sommes poussés par du 35 noeuds (force huit) avec une mer heureusement pas encore formée, le bateau avance vite avec seulement un génois enroulé et il faut slalomer entre les cargos au mouillage, ceux qui se laissent dériver et ceux qui vont ou viennent de passer gibraltar. Au matin nous apercevons de la neige sur les sommets de la Sierra Nevada, le vent tombe juste pour notre arrivée à Almerimar. Pytheas 2 nous y rejoint et retrouvons Ckool. Almerimar est une immense station balnéaire, avec beaucoup d'immeuble terminés mais pas encore habités (crise oblige).

Nous laissons passer un fort vent d'Est avant de reprendre la mer pour aller à Carthagene . J'ai l'occasion de pester contre les météo en méditerrannée. Le vent y est changeant très rapidement, en force et en direction, cela nécessite d'incessant réglage. De plus il a fallu veiller toute la nuit car on s'est retrouvé au milieu d'une flotille de chalutiers et pécheurs au lampareau. Carthagène est une ville agréable à visiter avec beaucoup de vielle pierres datant des romains, mais qui sait offrir un front de mer moderne. Nous assistons à un concert de polyphonie sarde en plein air dans un décor de cathédrale en ruine.

Deux jours et demi de mer plus loin nous arrivons sur Barcelonne de nuit. Escale chez Judith et Sébastien, et visite de la ville qui vit toute la nuit (A 2h du matin en entrant dans le port on peut croiser des baigneurs ou des jet-ski !).

Encore une escale à Palamos où nous attendons 3 jours pour laisser passer des coups de mistral. Nous quittons Palamos avec Pytheas 2, faisons une quinzaine d'heures de navigation à vue, puis nos routes se séparent. Eux vont directement à Port St Louis, nous allons d'abord sur Marseille. Nous avons bien apprécié cette navigation avec eux, chacuns indépendants mais contents de se retrouver pour partager un repas, une visite de villes, des informations météo, et s'appeler régulièrement quand on est en mer pour s'assurer que tout va bien. Nous arrivons le lendemain matin assez tôt dans la rade de Marseille. Emouvant de terminer ce voyage. Un bon vent nous a poussés toute la nuit et avons été guidés par les phares de Faraman et du Planier (dont je connais par coeur les caractéristiques Fl 1 5s, car je le vois depuis chez ma mère). Au petit jour, notre dernier lever de soleil en mer, nous passons au nord du Frioul et prenons place au quai d'accueil de la capitainerie du vieux-port.

Nous avons prévu d'y passer la semaine pour recevoir famille et amis. Merci à ceux qui ont pu venir. Par ordre d'apparition : Laure, Denis, Geneviève, Bruno, Roger, Anne-Marie, Edith, Thierry, Marie-Jacques, Baptiste, Mathilde, Rodrigo, maman, Sara, Mamita, François, Marie-Paule, Christiane, Jean-Marc, Lucie et ses copines, Brigitte, Pierre, Paul, Simon, Alexis, Françoise, Jean, Josiane, Patrick, Jean-Pierre.

Noelle ayant quitté le bord pour obligation de jeune grand-mère, Denis et moi ramenons le bateau de Marseille à Port St Louis poussé par un bon vent d'Est. Le bateau est alors sorti de l'eau pour y passer l'hiver ou trouver un nouveau propriétaire...

Voilà, il faut maintenant se réhabituer à la vie de sédentaire. Au moins provisoirement. En profiter pour renouer avec la famille, les amis, la montagne, et réfléchir à de nouveaux projets.

C'est la fin d'un beau voyage, d'une belle aventure, de la réalisation d'un rêve de jeunesse, mais sans doute A suivre ....

Horta : Sur les quais Les quais d'Horta : musée de peinture à ciel ouvert Nuages à Horta Nuages à Horta dans le port bondé. Logo2 Notre (bien minime) contribution au musée Horta : saxo au repos Horta : Jeune saxo se reposant Horta : sur la caldeira Faial : promenade sur la caldeira avec Veikko et Hanna Horta nouvelle terre Faial : Nouvelle terre datant de 50 ans. Le Pico Le sommet Pico vu depuis Faial Au sommet du Pico Au sommet du Pico Sao Miguel Sao Miguel : Paysage Sao Miguel : Lac vert, lac bleu Sao Miguel : Lac vert, lac bleu Sao Miguel Cote Nord Sao Miguel : La côte nord Sao Miguel Nordeste Sao Miguel : Nordeste Traversée Acores Espagne 1 Traversée Açores-Espagne : Repos dans la trinquette

trottoir2trottoir 5 Trottoir1Trottoir3trottoir 4trottoir 6trottoir 7trottoir 8 Les trottoirs des Açores

Traversée Acores Espagne 2 Trversée Açores-Espagne : Prise trop grosse pour le fil DanielCarottes Traversée Açores-espagne : Corvée d'épluchage Tricot NoelleTricote Traversée Açores-Espagne : On s'occupe comme on peut Traversée Acores Espagne Point Traversée Açores-Espagne : Après le tricot Traversée Acores Espagne coucher Traversée Açores-Espagne : Coucher de soleil Traversée Acores Espagne gite Traversée Açores-espagne : cela gîte Péché à l'épuisette Traversée Açores-Espagne : Pêche à l'épuisette Traversée Acores Espagne AIS Traversée Açores-Espagne : Il y a du gros monde aux alentours. Traversée Acores Espagne cargo Traversée Açores-Espagne : Cargo qui nous refuse la priorité bien qu'appelé à la VHF. Traversée Acores Espagne Cap Sao Vicente Traversée Açores-Espagne : Passage du Cap Sao Vicente Barbate Barbate : La paella Carthagene2 Barbate : Dans la rue Cadix Cadix la belle Gibraltar Le rocher de Gibraltar. Afrique L'afrique Carthagene3 Carthagène : les penseurs Carthagene Carthagène : Autre penseur. Pytheas Pytheas à la sortie de Carthagène Nuages sous spi Nuages sous spi en route pour Barcelonne Barcelonne Barcelonne : j'aime Gaudi Palamos : lever de soleil Au large de Palamos : magnifique lever du soleil Marseille Arrivée sur Marseille

BrunoetGeneDenisrogerFranginesgrandsmeresMamanMamitaMarieJacquesMariePauleSaraRodrigoPierreBrigittemaman2les neveux1les neveux2kaloneksirios Les visiteurs d'un instant

La fin NUAGES part se reposer

vendredi 05 août 2011

NUAGES est à vendre

NUAGES est VENDU

De retour de deux ans de voyage je vends mon feeling 10.90 qui est prêt à repartir.

Expertisé 85000 Euros Rapports d'expertise disponibles (2007 et 2009) Visible Port ST Louis du Rhone Contact Danie Monges Tel 06 81 63 49 13

mailto: danieldenuages@gmail.com

Feeling 10.90 (Architecte Philippe Harlé) de 1989 Petit tirant d'eau (pratique pour se mettre à l'abri dans les petits ports ou mouillages. C'est un deux cabines (mais grand coffre dans le cockpit) version club (avec coffre dans la jupe).

Exceptionnel par son inventaire (moteur 2009, électronique très récente, tauds de soleil, AIS, tel Iridium..) son armement de voyage en équipage réduit (portique, pilotes automatiques, régulateur d'allure), l'entretien (changement des plexiglass de roof, traitement anti osmose, changement de vaigrage, batteries de 2011...)

J'ai fait et fait faire beaucoup de travaux pour réaliser le tour de l'atlantique (en partie en solitaire).

Inventaire

Pont

  • Rail de mat facnor
  • Capote et lazy bag 2007
  • Bimini
  • frein de bome Walder
  • Bome de 2009
  • Mouillage prinvipal Delta 16 kg, 40m de chaine de 10, 20 m de cablot, main de fer, orin avec flotteur
  • Mouillage secondaire : ancre plate 12kg, 20m de chaine de 10, cablot
  • Taud de soleil pour capots avant (2011)
  • Taud de soleil pour roof et cockpit (2011)
  • Taud pour protéger le génois
  • Portique arrière avec 2 panneaux solaire de 85W chacun (2007), et bossoires annexe.
  • Ecoutes et drisses 2009-2011
  • Etai largable
  • Gréément changé en 2009
  • Tangon monté sur le mat
  • Bosses de ris renvoyées au cockpit

Voiles

  • Génois (2003?)
  • GV Lattée (3 ris) (2003?)
  • Tourmentin (jamais servi)
  • Foc inter sur étai largable avec un ris
  • Spi avec chaussette

Sécurité et électronique

  • 1ère catégorie pour 6 personnes
  • Survie achetée en Février 2011
  • Radar Furuno
  • Détecteur de radar 2008
  • Navtex Furuno 2008
  • GPS traceur Raymarine RC435 avec cartes France et Antilles
  • VHF Navicom 2009
  • VHF portable Uship 2009
  • AIS NASA Radar 2011
  • Poste récepteur BLU Sangean 2009
  • Balise de detresse Kannad avec GPS 2008
  • Balise Spot 2011 avec abonnement jusqu'à mars 2012
  • Autoradio 2008 avec 4 HP (2 carrés et 2 cockpit)
  • Sondeur et loch Raymarine bi data 2006 (sonde sondeur 2009)
  • Girouette NKE (elle marche mais demande à être changée)
  • Téléphone Satellite Iridium Motorola avec son kit data et son adapteur port com

Electricité

  • 1 batterie moteur 90 Ah (2010)
  • 3 batteries 105 Ah type AGM Avril 2011
  • Controleur de batterie Octopus 2008
  • Coupe batteries et cablage 2008
  • Hydro générateur Aquagen
  • 2 panneaux solaire 85W chacun 2008
  • Convertisseur 12V--> 220V
  • Feux tricolore de tête de mat TOPLIGHT à LED
  • Antenne WiFi avec socle sur portique

Confort

  • 3 réservoirs d'eau (400l au total)
  • Eau chaude et froide sous pression
  • Eau de mer dans l'évier
  • Vaigrages du plafond du carré refaits en 2010
  • Equipets de carré.
  • Moteur Frigo 2010
  • 4 bouteilles decamping gaz 3kg
  • Cuisinière 3 feux et four
  • Panneaux plexiglass du roof changés ainsi que menuiserie intérieure en 2009 par chantier

Moteur

  • Nanni diesel N3.30 29 CV changé en 2009. 700 h.
  • Batterie 90 Ah 2010
  • Hélice 3 pales JProp de 2009

Pilotes et régulateur

  • Pilote électrique avec 2 calculateurs (en cas de panne : Raymarine X30 (2009) avec sa radiocommande (2009) et son afficeheur ST6000 (2009). et calculateur B&G)
  • Vérin Hydraulique Lecomble et Schmit 2008
  • Régulateur d'allure WindPilot Dec 2010 (Il a barré 95% de la transat de retour!).

Annexe

  • Annexe Arimar 2008
  • Moteur 2 temps Tohatsu 3.5 CV 2008

Divers

  • Traitement curatif osmose complet de 2009 par chantier
  • Table de cockpit 2010
  • Teck de jupe remplacé en 2010
  • Caillebottis descente 2010
  • Nombreuses amarres et cordages divers
  • Tuyeau eau
  • Rallonge électrique
  • Filet de pêche 25m
  • Nombreuse pièces détachées (filtres moteur, roulements hydrogénérateurs, malette de maintenance pour le vérin...)
  • 4 Boulons de quille changés 2010
  • Tous les passecoques et toutes les vannes changées en 2009
  • Tresse de masse changée en 2011
  • Bague de safran changée en 2011

                               Mouillage à la Barbade                                NUAGES avec son nouveau taud couvrant Roof et cockpit Nuages sous voiles Nuages sous trinquette reflet Le régulateur d'allure WindPilot

dimanche 12 juin 2011

La transat de St Martin à Horta aux Açores

La transat en solitaire:

A Saint Martin, c'est la préparation du bateau.

Sur les pontons, la question que l'on se pose entre marins est : Combien de bidons tu as? En effet c'est un peu l'escalade en prévision des calmes qui sont sur la route. Finalement je pars avec 9 jerrycans de 20 litres. Je fais des courses de conserves et de frais. J'ai largement de quoi tenir deux mois...

Le stress monte au fur et à mesure que l'échéance du départ approche. Je sympathise avec Grandmimi, Pytheas 2 (bateau belge), Antinea, Canace (bateau finlandais). Avec-Dro qui devait aller sur les Bermudes décide finalement d'aller lui aussi directement sur les Açores. Nous retardons plusieurs fois le départ pour éviter des calmes plats.

Cette transat je l'ai voulu en solitaire, envie de me retrouver tout seul dans cette immensité, mais avant le départ c'est un peu la peur qui m'habite. Peur de ce qui peut m'arriver, peur de ne pas arriver à surmonter les difficultés à venir. Comme toujours l'attente du départ est le plus pénible.

Finalement le 7 mai, Pytheas 2, Avel-Dro, Canace, Unique Dream (bateau allemand) et moi partons par une belle brise de travers et grand soleil. Avel-Dro et moi allons naviguer de concert. Au début a vue, ensuite nous échangeons des mails et un appel sur le téléphone satellite chaque jour à la même heure.

La vie à bord s'organise. Le matin tôt, au lever du jour, vérification de la direction du bateau et du réglage des voiles, échange de mail avec le routeur. Je lui donne ma position, il me renvoie les informations sur le temps (vent houle et pression pour les 4 jours) et me conseille une route à suivre. Ensuite petit déjeuner, lecture, petit sommeil si besoin, repas de midi (en général salade), point avec report sur la carte et journal de bord, appel téléphonique avec Avel-Dro, lecture, quand il fait chaud douche avec le seau, repas chaud du soir, préparation du bateau pour la nuit., coucher tôt à la nuit tombante. Pendant la nuit si je me réveille de moi-même je me lève pour vérifier que tout va bien (direction, vitesse, réglage des voiles, et tour d'horizon pour surveiller la présence éventuelle d'un autre bateau. Souvent la nuit je suis réveillé par une alarme sur l'AIS qui me signale la présence d'un cargo à proximité.

Beaucoup de temps se passe en lecture, sudoku,vie intérieure, contemplation des éléments qui m'entourent.

Les dix premiers jours c'est du petit temps. Quand il n'y a pas de vent j'hésite à mettre le moteur, car il faut garder du gas-oil pour l'arrivée. La pire journée en termes de distance parcourue est le 16 mai avec 32 miles. Ensuite je tire des bords sur plusieurs centaines de miles et il en reste 1500...

Le 21 mai après quelques grains, le vent se lève régulièrement, et pendant 5 jours il me permettra de bien avancer. Je suis même amené à ralentir le bateau pour qu'il ne tape pas trop fort dans les vagues.

Le 27 mai Avel-Dro me signale que leur mât a cassé. Michel a pu laisser dans l'eau mât et voile. Ils remontent au moteur vers Flores. Je vais à leur rencontre content de les voir. Je leur donne 60 litres de gas-oil. Un peu ému je fais deux fois le tour de leur bateau avant de les laisse sur leur coque sans mât remonter péniblement contre la houle au moteur, pendant que je tire un bord vers le nord-est.

Le 28 mai la bascule de Nord-est tant attendue ne viendra pas. Je suis dans une bulle anticyclonique. Je mets le moteur et vais vers Flores. Alternance moteur, voile. Le 30 mai je recroise Avel-Dro qui me repasse 40 litres de gas-oil qui me permettent d'aller directement sur Horta (ile de Faial).

J'aperçois alors la terre (Flores) Quel plaisir de l'apercevoir, d'imaginer que dessus des gens y vivent une vie normale, dorment dans des lits dans des maisons, amènent leurs enfants à l'école, se parlent. De voir la terre le moral remonte.

Cette soirée est magique. La mer est un miroir. Le soleil en se couchant donne des lumières fantastiques aux nuages, à l'eau soulevée au rythme de la houle. Des dauphins rentrent de la pêche, certains sautent, d'autres s'arrêtent jouer dans l'étrave du bateau. Des puffins font leurs derniers vols majestueux de vitesse et de précision au ras de l'eau. Et tout ceci dure des heures et des heures en changeant de couleur. Tout dégage une harmonie, un silence qui vous habitent. Tout est à sa place. C'est le premier jour du monde, et on se dit que c'est vraiment un hasard d'être là, et que ce spectacle généralement n'a pas de spectateur.. Et moi sur mon petit bateau je traverse tout cela lentement sans bruit, faisant en sorte de ne rien déranger... La nuit venue j'apercois des lumières et un phare sur Flores (les premières marques de vie terrienne depuis trois semaines). La mer est tellement plate que les étoiles s'y reflètent. Il faut ajouter à cela les voies lactées de plancton que forment les deux vagues d'étrave. Cette soirée et début de nuit ont été les moments les plus harmonieux que j'ai eu sur l'eau.

Dans la nuit du 31 mai j'aperçois les lumières de Faial. Le matin en passant sous le vent de l'ile j'ai les premières odeurs de terre (les foins?). Que c'est bon !. Sans vent je remets le moteur pour les derniers miles. J'ai hâte d'arriver. Je voudrais pousser le moteur à fond.. A 10 heures le 1er juin, j'accoste dans la marina d'Horta, ému et heureux d'en terminer et de l'avoir fait.

Cette transat a duré 24 jours et 20heures.

J'ai lu 12 livres.

J'ai rencontré une vingtaine de cargos,. Je me suis dérouté pour un avec qui je faisais route à collision. J'ai rencontré 3 voiliers (excepté Avel-Dro)

Dans les 2 premières semaines on aperçoit beaucoup de sargasses (algues vivant en surface) qui ont donné leur nom à cette partie d'océan au sud des Bermudes. Ensuite on aperçoit à la surface les caravelles portugaises. Ce sont des méduses avec tentacules et filaments sous l'eau, et un corps en forme de coque et de voile gonglés d'air en surface lui permettant d'utiliser le vent pour se déplacer (lentement). Elles sont de couleurs violettes translucides. On aperçoit des oiseaux pendant toute la traversée: surtout des puffins qui ont un très joli vol au ras des vagues, quelques paille-en-queues.

Dans la dernière semaine, j'ai vu beaucoup de dauphins. Quand ils ne sont pas en pêche, ils viennent jouer dans l'étrave pendant une heure et repartent. Cette année j'ai vu plusieurs femelles nager avec leurs petits à côté d'elles. J'ai vu un seul jet de baleine.

J'ai péché beaucoup de sargasses, mais pas un seul poisson, les autres bateaux non plus.

J'ai plutôt eu pas assez de vent que trop, essuyé quelques grains.

Je me suis régalé des couchers de soleil et en particulier j'ai aperçu une fois le rayon vert. J'ai raté beaucoup de lever de soleil car j'étais dans mon duvet dans la cabine. Quand je me levais la nuit j'admirais les ciels et j'ai vu disparaître au fur et à mesure la constellation de la croix du sud.

Ces longues traversées me permettent de me réapproprier le temps. Il passe à la fois vite et à la fois lentement, mais chaque minute m'appartient. Il n'y a pas grand chose à faire, mais je ne m'ennuie jamais.

Le sentiment de la solitude : J'ai voulu faire l'expérience de cette traversée en solitaire, pour me retrouver seul dans cette immensité de l'océan et de 3 semaines de navigation. En fait le sentiment de solitude a été atténué par 3 éléments.:

-J'avais un routeur à terre avec qui j'avais un échange de mail chaque jour et qui me conseillait une route.

-Avec Avel-Dro on a navigué de concert (nous sommes partis le même jour, nos bateaux sont de taille et de vitesse assez similaires, et nous avions le même routeur). Au début nous avons navigué à vue et bavardions par VHF. Puis une nuit nous nous sommes perdus de vue et hors portée VHF. Là j'ai eu un moment de solitude, quand nous nous sommes retrouvés de visu, j'étais content. Puis nous sous sommes reperdus, mais gardions contact par mail et par une conversation téléphonique chaque jour. C'était rassurant de les savoir pas trop loin ( 40 miles environ).

-Je pouvais échanger des mails assez courts. Mais cela m'a permis de garder contact avec la famille, avec d'autres bateaux partis en même temps que moi.

Malgré tout cela, quand au petit matin tout est gris, le ciel est gris, la mer est grise, le vent est gris, l'horizon est gris, et qu'il faut sortir sous la pluie pour manoeuvrer le bateau, je me sentais bien seul et bien loin de tout (bien content bde recevoir les mails d'encouragement de Marie et Patrick de Bleiz-Mor)... Par contre quand tout resplendit de lumière, la mer d'un bleu éclatant ou complètement argentée avec ses moutons tout blancs ou quand un dauphin avec son souffle me sort de ma lecture, quel bonheur que d'être là.....

Marinadestmartin

La Marina de St Martin vu du fort St Louis

coucherdesoleil

Coucher de soleil, le rayon sort une seconde plus tard.

petole

Jour de pétole.

platdusoir

Je ne me laisse pas mourir de faim.

reflet

Contrejour de gris

echangemail

Echange de mail avec le routeur.

Aveldrosansmat

Avel-Dro sans son mât. Michel dans la jupe récupère les bidons que je viens de larguer.

refletspetole

reflet dans la pétole.

trinquettearisée

Sous trinquette arisée. Il y a trente ans que je n'avais pris un ris dans un foc sous 25 noeuds de vent.

Une caravelle espagnole.

soiréemagique

Soirée magique du 29 mai.

soiréemagique2

Toujours le 29 mai.

soireemagique3

Toujours le 29 mai

Flores

La première terre aperçue : ile de Flores

dauphinsautant

Un dauphin s'amuse dans la vague d'étrave.

FaialetPico

L'ile de Faial, au second plan ile de Pico avec le sommet culminant du Portugal

surlesquais

Sur les quais décorés de Horta Nuagesahorta

NUAGES (avec la défense rouge) se repose à Horta.

samedi 23 avril 2011

Voyage 2011: Des Saintes à Saint Martin

Saint Martin le 20 Avril,



Les navigations des Saintes jusqu'à St Martin ont été très agréables. Toujours du vent mais pas de trop, très souvent vent de travers, une bonne allure pour le bateau. Un seul regret, le vent était trop orienté au Nord pour nous permettre de faire escale à Barbuda. Nous sommes passés par la Guadeloupe, Antigua, Nevis, St Kitts, St Eustache (Statia), St Barth, ile Fourchue et St Martin.

En Guadeloupenous avons nagé parmi les posiions, coraux et tortues de la réserve Cousteau, et nous avons revisité le jardin botanique de Deshayes (ancienne propriété de Coluche). Magnifique jardin, très riche en fleurs et arbres avec une vue magnifique sur la mer des caraibes. A Antigua nous avons mouillé dans English Harbour, un mouillage où l'amiral Nelson avait cahé sa flottille pour échapper aux Français. Le mouillage est très joli (un peu trop de bateaux) Il y a maintenant un port avec des immenses bateaux à voile, très souvent dans la démesure.. mais on y voit tout de même de belles carènes. Nous avons loué une voiture avec Avel-Dro et Bleiz-Mor. L'ile comporte beaucoup de belles plages et dans le sud une belle végétation tropicale. La capitale St John voit se cotoyer les boutiques de luxe pour les clients des paquebots de croisières et les petites échopes pour les locaux. Nous fétons mon anniversaire (et en plus une dizaine) et celui de Marie dans un restaurant français, terrasse sur l'eau et excellent orchestre. Belle soirée. Nous faisons deux autres mouillages (Carliste bay et Deep Bay). Mouillagse plus sauvages et jolis coins à explorer en nageant avec en prime une épave d'un cargo (dont seule la cheminée sort de l'eau) au milieu du mouillage de Deep Bay.



La navigation d'Antigua à Nevisnous a permis une pêche inespérée. Alors que jusque là nous n'avions rien pris, en deux heures nous avons attrappé un baracuda de 8 kilos, une carangue noire de deux kilos (tous les deux rejetés à la mer car potentiellement porteurs d'une maladie grave la ciguatera) et une magnifique dorade coryphène d'une dizaine de kilos. La dorade quand elle est vivante a des couleurs incoyablement vives jaunes et vertes. Je la tue en lui mettant du rhum dans les ouies. Elle a été excellente, dégustée avec Marie-Jo, Michel et Gert (un allemand rencontré au Cap-vert et retrouvé à Nevis). Nevis est une ile calme (pas de paquebots de croisière, peu de tourisme). la vie y est indolente. Petit bourg avec quelques commerces. Nous ne restons que deux nuits et préférons aller au mouillage dans le sud de St kitts (mouillage de White House). En arrivant on retrouve Framic de Philippe et Brigitte qui eux quittenet le mouillage. Peu de bateaux au mouillage, baie encore sauvage (mais des lotissements et une marina y sont en projet). Nous nous promenons à terre, c'est désertique avec cactus et beaucoup de singes (green vervet) qui avaient été amenés par les français. On retourne en fin de journée les photographier, mais finalement ils effrayent un peu Noelle.. Beaux coraux avec une petite épave. Ensuite mouillage devant Basse Terre la capitale de St Kitts. Petite ville avec des maisons à colonnade un quartier duty-free pour croisièristes. En deux heures on fait le tour de l'ile en bus. La route longe la côte, beaucoup de champs de canne à sucre (mais il n'y a plus d'usine à sucre) sur les pentes des volcans recouverts de forêt. Nous attendons Marie-Jo et Michel pour monter à pied au cratère. 3 heures de montée, d'abord au milieu de la canne, puis dans une magnifique forêt aux arbres recouverts de lianes, les plantes aux feuilles géantes (oreille d'éléphant). Du cratère joli, point de vue en particulier on aperçoit St Eustache, Saba et St Barth. Cela nous a fait du bien de marcher.



Nous quittons St Kitts pour St Eustache (Statia). C'et une ile des antilles hollandaises. On y retrouve la conduite à droite, quelques tulipes en bois sur des murs de maison, mais tout le monde parle anglais et la monnaie est le dollar. Ici pas de bateau de croisière, la ville (plutôt le gros bourg) Orangestaad est perché en hauteur. tout y parait assoupi. Nous montons au cratère, mais la forêt est moins jolie qu'à St kitts, car c'est moins haut et donc beaucoup plus sec. On y voit deux serpents. Joli fond marin juste devant le mouillage avec des raies, un canon et une ancre datant de plusieurs siècles. Statia est très réputée pour ses plongees et ses nombreuses épaves.



Belle navigation entre ST Kitts et St Barth et arrivons aux milieu de maxi yachts qui partent régater autour de l'ile. Le mouillage de Gustavia est encombré en raison des régates. St Barth ile française, peuplée au départ par des bretons et normands, est très peu métissée. Il y a une ambiance de vacances. C'est un peu St trop. Sur le port on peut admirer les maxi yachts qui reviennent de la régate. Beaucoup étaient à Antigua. Nous faisons le tour de l'ile avec Michel et Marie-Jo qui arrivent directement de St Kitts. C'est petit, mais le bord de mer est très joli avec ses ilots et l'alternace de cotes escarpées et de belles plages. De très luxueuses villas dominent la mer. (on n'y a pas vu Johny!) Nous allons ensuite au beau mouillage du Colombier, où nous passons deux nuits. Promenade à pied, snorkelling et lecture...



Entre St Barth et l'ile fourchue 5km. Petite navigation sous génois seul. L'ile Fourchue est une ile déserte dans les deux sens du terme: pas d'habitants et pas d'arbre. Le mouillage est celui que j'ai préféré. On se croirait en patagonie , avec la mer à 28°!. On se promène à terre et escaladons les petits (vraiment petits) sommets. J'aime ce côté sauvage. J'ai plaisir à marcher. Marie-Jo et Michel nous y rejoignent.



Encore une petite navigation pour arriver à Sant Maarten, partie hollandaise de St Martin. Mouillage à Phillisbug. Le bourg n'est qu'une rue remplie de bijouterie et magasins d'électronique en détaxe pour les milliers de croisiéristes qui débarquent des paquebots chaque jour... On attend Avel-Dro (Marie-Jo et Michel) pour louer une voiture. La partie Hollandaise est remplie de casino, et grands hôtels, la partie francaise un peu mieux protégée des promoteurs. Nous montons au pic Paradis sommet de l'ile avec une jolie vue sur le lagon, les ports ... Nous allons au mouillage de Grand Case. Le bourg est sympathique avec ses restaurants bon marchés (les lolo). Un très joli snorkelling autour du rocher Créole (mérou, bancs de sergent major qui nous suivent et se veulent menaçants, gros poissons perroquets...) Ensuite nous allons à la marina Fort Louis de Marigot (la capitale de la partie française). L'ambiance n'a rien à voir avec celle des autres iles françaises. Ici la langue maternelle est l'anglais, la monnaie est le dollar ou l'euro.



Noelle a pris son vol de retour le 8 avril. En ce moment je prépare le bateau pour la traversée de retour (entretien du matériel, avitaillement). Cette traversée devrait durer un mois pour arriver aux Açores (2285 miles nautiques en ligne droite). En fait la route ne sera pas directe, car il faut éviter les calmes plats des anticyclones (dont celui des Açores) et éviter aussi les grosses dépressions qui peuvent passer dans le nord de l'atlantique. Jje pense démarrer début mai. A côté de NUAGES, il y a Avel_Dro. Eux aussi vont partir pour les Açores, mais ferons étape aux bermudes.



Si j'ai le temps (et une bonne connexion à internet) avant de partir, je mettrai quelques photos sur le blog.



Bisous à tous.



Daniel

mercredi 09 mars 2011

Les parcours de NUAGES

Voila les trajets effectués en 2009 2010. En rouge sur NUAGES, en vert sur LOUSTIC

Trace

dimanche 06 mars 2011

2011 De Trinidad aux Saintes

NUAGES repart en 2011

Les Saintes, le 27 février.




L'été et l'automne passés en métropole ont permis de revoir famille et amis, de retourner se promener dans nos montagnes (et même deux sorties en ski de rando avec Sébastien), d'effectuer en Bretagne une virée chez les copains navigateurs rencontrés lors des différentes escales, de faire un superbe voyage au Népal où nous avons marché 3 semaines entourés de montagnes prestigieuses dans des vallées aux habitants si attachants, d'aller ramasser les olives en Espagne, de faire un dernier tour de la famille à Bruxelles en passant par Paris, Lille, Lyon, et Marseille.

Nous avons rejoint Trinidad par avion fin décembre et avons retrouvé le bateau. Ils nous a fallu 4 semaines pour le rearmer, d'y effectuer des aménagements (taud contre le soleil, installation d'un régulateur d'allure, installation de l'AIS, nouvelle table de cockpit) et de faire les travaux d'entretien (antifouling, changement d'anodes, nettoyage divers, tresse de masse, mise au clair du système de barre après oxydation..). Ces semaines passées à Trinidad nous ont permis d'améliorer notre anglais, de participer aux parties du dimanche soir (barbecue avec d'autres navigateurs) et de faire des rencontres sympathiques avec des américains, canadiens, argentins ….

Après la mise à l'eau nous avons du attendre une fenêtre météo pour pouvoir aller vers Grenade. Noelle s'impatientait de partir, je freinais notre départ car il y avait une forte mer et pour une reprise je trouvais que c'était un peu dur. Pendant cette semaine Noelle m'a fait remarquer qu'un bateau allemand voisin du notre, eux osait partir. On les a retrouvé à Grenade mais ils avaient perdu le mât pendant la traversée.

Je garderai de Trinidad cette image d'un ouvrier du chantier qui tous les matins arrivait avec un oiseau dans une cage, l'accrochait là et le soir s'en repartait avec. Je me rappellerai aussi avoir donné un cours de math en anglais à Shiva, ouvrier du chantier qui reprend des études pour évoluer. Je me rappellerai les vols de pélicans en formation parfaite en V, Abdou le sénégalais qui a traversé sur un voilier de passage à Dakar et qui depuis fait des petits boulots de peinture sur le chantier tout en aidant sa femme à vendre des barquettes de nourriture à midi...

Finalement après une semaine d'attente, nous sommes partis de Chagaramas au milieu de l'après midi. A la pointe Ouest de Trinidad une forte houle avec courant et vent nous souhaitaient la bien venue en pleine mer. Une nuit de navigation par vent force 5 à 6, rafale à 7 sous grain et une mer hachée qui mouille comme en méditerranée. Malgré l'inconfort quel plaisir de voir le bateau filer sous les étoiles puis d'apercevoir le phare de Grenade. Le lendemain à sept heurs on mouillait devant St George la capitale de Grenade.

Nous avons passé une semaine au mouillage en attente d'une bonne météo (un vent qui tourne vers l'est) pour remonter vers le Nord. En attendant nous avons retrouvé avec plaisir le marché aux épices, la nature verdoyante et fleurie. Nous avons fait le tour de l'ile en voiture et fait quelques balades à pied : Petit-Etang, cascade Concord.. (Malheureusement il n'y a pas de panneaux indicateurs sur les routes et nous avons souvent du faire demi tour). La chaine de l'ancre s'étant prise autour d'un rocher nous avons du faire appel à un plongeur pour la dégager.

De Grenade nous avons rejoint l'ile de Cariacou et avons passé une nuit au mouillage sans descendre à terre. Puis belle navigation depuis Cariacou jusqu'à Bequia. On passe en effet au vent de Union Island (très jolie avec ses sommets pointus) aprés avoir laissé sur tribord Petite Martinique, Petit St Vincent, Palm Island. On apercçit alors les Tobaggo Cays et Petit Tabac et laissons Mayreau à tribord. Nous connaissons déjà toutes ces iles où nous étions passé l'année dernière, mais de repasser devant nous remémore les lagons de petit tabac, le mouillage de Mayreau, l'ambiance authentique de Cainouan.

A Bequia nous prenons une bouée (car j'ai un mauvais souvenir de Bequia où le bateau avait chassé sur son ancre). Deux jours de suite nous nous lèverons à 5h du matin et nous recoucherons aussitôt, estimant que le vent souffle trop et trop au nord. Le troisième jour sera le bon et quittons Bequia pour la Martinique. Dans le chenal au Sud de St Vincent Noelle aperçoit des jets de souffle de baleine. (A Bequia ils chassent, parait-il, encore deux baleines chaque année). Nous passons devant St Vincent. J'aime cette ile avec une végétation très sauvage, des villages de pécheurs au ras de l'eau et dans le nord ces baraques d'agriculteurs accrochés à la montagne toujours prise dans les nuages. C'est un de mes regrets de pas avoir plus visité cette ile. La traine casse suite sans doute à un gros (très gros) poisson. Nous naviguons de concert avec Echo un gin fizz belge qui avait péché un marlin de plus de cent kilos quelques jours avant.. C'est une navigation agréable avec un vent de travers force 5, 6 dans les risées. Nous passons la pointe nord de Ste Lucie à la tombée de la nuit. A mi chemin entre St Lucie et la Martinique, gros grain avec pluie et rafale à 40 noeuds, pas très agréable, le vent ensuite tombe et nous arrivons au mouillage à Ste Lucie à Ste Anne en Martinique en milieu de nuit. En Martinique nous retrouvons Brigitte et Philippe sur leur nouveau bateau (l'année dernière ils avaient dématé pendant la transat sur le bateau d'amis). Ils sont en partance pour Cuba. Nous retrouvons aussi Françoise et Jean sur Kalonek. que j'avais rencontré il y a trois ans à Loctudy. Nous partageons un agréable repas avec les spécialités créoles: gratin de cristophines et boudin antillais, en provenance du marché du « Marin »

Nous achetons une nouvelle survie. L'ancienne était périmée. Nous avons pu la percuter et ainsi voir de prés comment sont ces radeaux de survie que l'on espère ne jamais utiliser. Nous récupérons dessus du matériel en particulier les rations de survie que nous gouterons. Avec ce matériel nous préparons les sacs de survie qui viendront en complément du radeau. Deux nuits au mouillage à Fort de France, nous permettent de visiter la bibliothèque Schoelcher.

De Martinique nous allons en une étape à la Dominique (au roseau) ou nous restons pour la nuit sans aller à terre. En cours de journée au nord de la Martinique nous avons vu un troupeau d'une cinquantaine de petits dauphins qui sautaient, mais ils ne sont pas restés longtemps avec nous. Avec la Dominique j'ai le même sentiment qu'avec St Vincent : regret de ne pas avoir pris plus de temps pour mieux la connaître. Peut-être une prochaine fois...

De Dominique une belle journée de navigation nous emmène jusqu'à Pointre à Pitre au mouillage du Gosier, où je tombe par hasard sur un voisin de ponton de Loctudy qui a le même bateau. Puis nous retrouvons Marie_Jo et Michel sur avel-dro et Patrick sur bleiz-mor. A Pointe à Pitre j'ai aimé le marché aux poissons sur le port. Nous achetons des crabes de terre et de la daurade.

En 3 heures avec un bon vent nous rejoignons Marie Jo et Michel à Marie Galante. Cette année c'est le premier endroit que nous ne connaissons pas : c'est une ile relativement plate, un peu en dehors des circuits touristiques et très tournée vers l'agriculture (surtout la canne à sucre). C'est évidemment très vert (surtout cette année où nous avons beaucoup de vent mais aussi beaucoup de pluie), d'immenses manguiers en général avec un cochon dessous, quelques vaches par-çi par-là et des vallons recouverts de canne à sucre. Ce n'est pas encore la récolte, mais on voit que l'on prépare les attelages de chars à boeuf qui permettront d'apporter la canne à la distillerie. Le mouillage devant St Louis est agréable. Nous y passons trois jours de visite, repos et baignade,les fonds sont couverts de lambis

Un bon vent force 6 nous a poussés de Marie Galante aux Saintes avec une pointe à 10 noeuds dans la passe de la baleine. Le mouillage du bourg est encombré, il y a beaucoup de vent avec rafales et les fonds sont profonds.. Tout ce que je n'aime pas bref, on finit par trouver une place pour mouiller, mais nous passons une première nuit pas très rassurés. Finalement l'ancre a bien tenu et c'est du bateau que j'écris ces quelques lignes.

Le programme du voyage cette année est de remonter encore vers le Nord jusqu'à ST Martin et de là retraverser l'atlantique pour rejoindre la méditerrannée. Mais ceci n'est qu'un programme, on verra bien où le vent poussera notre quille....

Noelle et Daniel sur NUAGES

NUAGES sur le chantier à Trinidad

Noelle en plein travail

Un peu de repos après la première couche.

Cours de math pour Shiva

Party avec américains et canadiens

Ecorce d'arbre au jardin botanique de Port of Spain.

Le bateau flotte enfin, et avec son nouveau taud

Lecture et navigation

Gateau au chocolat du dimanche soir.

Saint Vincent entre deux grains.

Navigation à la bretonne avec le ciré.

Nuages sous voiles

NUAGES sous voile. Photo rare prise par un voilier belge.

Coucher du soleil devant Sainte Lucie

Moi

Daniel à la barre, mais c'est le régulateur qui est à la manoeuvre.

Marché aux poissons de Pointe à Pitre

A Marie Galante

Pélican aux Saintes

lundi 28 juin 2010

De la Martinique aux Açores: Journal de bord

Extrait de mon journal de bord

Mercredi 28 Avril 2010

Content de quitter Chaguaramas. taxi à 3h30 pour le vol de Trinidad à Ste Lucie, puis Fort de France. Entre deux nuages j'aperçois eastern Rock, Mustique, Bequiaa. De Fort de France, taxi pour le marin. déjeuner sur loustic avec Stéphane, Gérald et leurs amis. Siste à bord.

Jeudi 29 Avril

Arrivée de Sylvestre, le troisième équipier

Vendredi, Samedi, Lundi,

Course d'avitaillement, vérification du matériel, quelques petits travaux de matelotage. Sur les pontons on sent l'atmosphère de départ. des quipages plongent sous leur coque pour la nettoyer. Un feeling 39 part le même jour que nous.

Mardi 4 mai

dernière douche, dernier rasage. Plein d'eau. Départ à 10h15. Beau temps. Très vite on s'aperçoit que le vent est au nord-est. Il faut tirer des bords au vent de la Martinique. De nuit nous apercevons le phare de la presqu'ile de la Caravelle. Le vent monte à plus de 30 noeuds. Nous prenons 2 ris et la trinquette. Je suis brassé, et vomis. Nous voyons un paquebot sur notre babord et un cargo sur tribord.

Mercredi 5 mai

toujours à tirer des bords au vent des îles que nous n'apercevons plus. Nous navigons avec un ris et des tours dans le génois. En navigant sur le bord vers le NW nous croisons le feeling 39 parti en même temps que nous. Nous revirons derrière lui. Petite vacation radio (VHF) avec lui. Quelques grains, nous perdons de vue le voilier et continuons à tirer des bords. Le vent mollit Nous prenons le rythme des quarts. 3heures chacun, ce qui fait que d'un jour à l'autre les horaires changent.

Jeudi 6

Dans la nuit quelques grains, puis calme plat. Au matin 5 à 6 noeuds de vent!! le bateau n'avance plus. C'est décourageant et le peu de vent est au NE. Le routeur ne répond pas aux mail expédiés par radio BLU. Nous l'appelons par téléphone satellite. Il n'a pas reçu les mails; Bizarre. Le vent revient plus régulier, d'abord E puis à nouveau NE. Les grains nous épargnent en passant à côté. Les estomac s'étant habitués au mouvements du bateau, nous nous essayons à la pêche. Temps de dmoiselles. Pendant la nuit temps superbe puis pendant mon quart passage à proximité d'un grain, vent à 30 noeuds.

Vendredi 7 nmai 4ème jour de mer

Temps superbe, vent de 14 à 20 noeuds nous permettant de faire souvent route directe sur le waypoint donné par le routeur. Journée sans grain. Toilette au seau sur le pont avant. Je termine le livre de Modiano "Horizons". J'ai cru un instant l'avoir déjà lu. En fait c'était le deuxième Modiano que je lisais en 6 mois, il me rappelait beaucoup (trop) le précédent. Dans la nuit un cargo allant vers le Sud nous croise sur notre tribord. On voit bien la Croix du Sud. Sylvestre essaye de nous apprende à reconnaitre les constellations... Un oiseau passe la nuit sur les panneaux solaires et s'envole au petit matin. Joli lever de soleil pendant mon quart.

Samedi 8 mai

Encore une belle journée le temps ne parait pas long à passer. On boit un coup au 100 miles dépassés en 24 heures. On déjeune à l'intérieur car il fait trop chaud. Je lis beaucoup (HHHhH de Laurent Binet). A tous les trois on refait le monde. On discute souvent du droit et de la justice car Sylvestre est juriste de profession. La nuit le vent monte un peu (25 noeuds). On prend un ris et quelques tours de génois. Quart de nuit tranquille. Un cargo assez loin nous passe sur l'arrière.

Dimanche 9 mai 6ème jour de mer

Toujours du beau temps. Le vent baisse (moins de 10 noeuds), le bateau se traine. Dans la nuit le vent tombe . Le bateau est un bouchon sur l'eau. C'est décourageant. Il faut arrêter le pilote et barrer à la main. On aperçoit quatre bateaux.

Lundi 10 mai 7ème jour de mer.

Dans la matinée le vent monte un peu (10 à 12 noeuds). Le bateau avance à 3 noeuds. Le moral remonte. Il faut savoir se contenter de ce que l'on a. On ne met pas de ligne dans l'eau, sans doute nous n'y croyons plus. En 24 heures nous avons parcouru 63 miles!! Dans l'après midi le vent monte à 15 noeuds. Il fait un temps magnifique, la mer très belle. Un temps de demoiselle; Douche sur le pont. Bonne ambiance à bord. On discute droit, politique et évidemment bateau... dans la nuit Gérald me réveille pour prendre un ris. Quart tranquille. Le bateau avance bien sous un ciel d'étoiles. On voit 4 bateaux pendant la nuit.

Mardi 11 mai 8ème jour de mer.

Nous voilà parti depuis une semaine. Il fait toujours très beau avec du vent (plus de 2à noeuds). Cette semaine est vite passée. Le pilote fait des siennes. Il va falloir le démonter. On téléphone au routeur pour savoir s'il y a bientôt une zone de calme pour réparer. J'ai fini le livre "HHHhH". Très bien ce récit historique où l'auteur est lui même un personnage. Agréable à lire et poignant à la fois car il interroge sur l'utilité des actes de bravoure. Journée agréable. Par mail on a des nouvelles de SIRIOS (avec Josiane et Patrick) et de Seb qui est sur un feeling 10.90. Ils sont partis quelques jours après nous. Sirios d'Antigua, Fred de Saint Martin.

Mercredi 12 mai

Toujours du bon vent (un ris et génois avec quelques tours). Jolie mer sous le soleil. Elle se creuse un peu. Le vent refuse et nous perdons quelques miles vers l'ouest. J'ai commencé "Voyage au bout de la nuit de Céline" Une belle charge contre la guerre, la bourgeoisie. Bien écrit, le style est parfois un peu viellot. En fin d'après midi, il fait plus frais. J'enfile une petite laine. La première depuis les Canaries! En fin de journée cela remue pas mal dans le bateau. cela tape sur les toles de la coque avec un bruit particulier. Je trouve mon quart long, long. Gérald m'avoue que pour lui cela a été de même. Rien vu de toute la journée et la nuit.

Jeudi 13 mai 10ème jour de mer.

Ce matin vacation redio avec Sirios qui nous gratte dans l'E. mais il est encore à 120 miles. Patrick a du monter dans son mat pour décoincer un coulisseau. Seb a eu des problèmes avec son pilote (capteur d'angle en panne. I a du reconfigurer son pilote). Matinée très belle, nous gagnons en cap. Le routeur nous annonce que demain les vents devraient être à l'W mais très faible et un peu forçir par la suite. On pourra alors enfin viser les Açores. Très bel après midi. on aperçoit des méduses à voile. Une partie du corps est gonflé d'air et sort de l'eau. Cela sert de voile. A 17 heure le vent tombe. Comme notre autonomie en carburant est faible on appelle le routeur pour savoir si c'est là que l'on doit mettre le moteur ou attendre le vent.. On met le moteur à 17h30. Comme on s'y attendait, le pilote tombe en rade. Nuit très calme à barrer. Cela faisait 48 heures que le bateau, très stable sur sa route, était barré par un sandow. Par mail Seb nous annonce qu'il va abandonner son bateau à cause d'un problème avec son safran. On imagine ses émotions...

Vendredi 14 mai. (90 miles parcourus)

Vers 8 heures le vent se lève. On arrête le moteur. C'est une très très belle journée. Le vent est enfin passé au NW. On vient de franchir une porte. Depuis 10 mois je n'avais jamais eu de vent venant de l'ouest. On aperçoit un voilier et un porte container. Gérald change le moteur du pilote et tout repart. Que du bonheur cette traversée. On arrose cela avec un petit blanc à l'apéro de midi. Puis le vent tombe à 6 noeuds. Il refuse et passe au NE. Pile de face. C'était trop beau.On tire un bord vers l'W. On aperçoit 2 porte container et un cargo dans la nuit. Pendant mon quart j'ai terriblement sommeil. Par mail seb nous dit qu'il est sur un cargo Sri-Lankais ...

Samedi 15 mai 12ème jour de mer (45 miles effectués en ligne droite !!, 72 miles avec les bords)

Au matin très peu de vent. On met le moteur en milieu de matinée Festival d'un paille en queue qui fait mine de se poser sur le bateau. On voit ses taches noires sous les ailes. beaucoup de méduses à voile. La mer est plate, aucune ride, mais de la houle lente. On stoppe le moteur pour la baignade. L'eau est encore bonne : 23°6. En plongeant du bateau on ne risque pas de toucher le fond ! Il y a 5000 m d'eau sous la quille. On en profite pour se savonner. Le ciel sans nuage nous permet de voir le soleil se coucher dans l'eau. Mais pas de rayon vert. L'eau se ride par le NW. On aperçoit 3 ailerons de gros dauphins? globicéphales ou orques? A minuit pour mon quart le vent se lève un peu. On arrête le moteur. On se dit que cette fois on a passé la porte et laissé derrière nous l'anticyclone. Quart agréable sous voile après 14 heures de moteur. Joli ciel étoilé.

Dimanche 16 mai 13ème jour de mer (97 miles)

Le vent monte peu à peu de l'W. Un ris, puis deux. (pointe à 30 noeuds). On retrouve l'ambiance des alizés de la transat aller. Pas vu de bateau depuis plus de 48h. Ce matin 2 poissons volants, échoués sur le pont, ravissent Sylvestre. Un des poissons sert d'appat au vif mais sans succès. Toujours très beau temps. C'est agréable de sentir le bateau bien avancer (plus de 5 noeuds) au portantb dans la direction choisie. Mais le vent baisse peu à peu. La houle rend pénible la vie à bord. Sylvestre est barbouillé. A 3 heures pendant mon quart j'enlève les deux ris. A -h on met le moteur en marche. C'est un peu la déception de retrouver la pétole. On croyait avoir franchi une porte. Il n'en est rien.

Lundi 17 mai 14ème jour de mer (106 miles)

Pas de vent ce matin. On croyait avoir franchi l'anticyclone, mais il reste encore des bulles à franchir.. SIRIOS nous a dépassé. A midi le vent se lève de SW à 13 noeuds, suffisament pour arrêter le moteur. C'est encore un temps de demoiselle. Gérald se coince un doigt dans un taquet de bosse de ris. Les fins d'après midi sont fraîches (laine ou polaire + pantalon. Quart de nuit tranquille, le bateau avance à 4 noeuds.

Mardi 18 mai 15ème jour de mer (112 miles)

Matinée toute grise le vent un peu tourné vers le Nord mais a plutôt faibli (1é noeuds). On tranvase du Gas-oil des Jerrycans dans le réservoir. On rajoute une heure à nos montres. Au déjeuner : riz cantonnais à la mode Sylvestre : fameux. En 24h 112 miles c'est pour l'instant notre record. Le ciel se dégage et c'est toujours un temps de demoiselle. Houle de plus de 2 mètres mais très douce.

Discussion sur les bateaux, les voyages. Que faire après les voyages.. Le soir repas de fête (cuisse de canard et bourgeil 2003) car on a fait autant de miles que ce qui nous reste en théorie à faire. Le vent est très faible. Je barre une bonne partie de mon quart. On retrouve les puffins qui quoique un peu trapus, ont des ailes très fines et un vol très élégant au ras des vagues. Nuit étoilée.

Mercredi 19 mai (16ème jour de mer) (56miles en ligne droite !!!)

Il fait toujours très beau, plus frais mais grand soleil. Toujours peu de vent (6 à 7 noeuds) qui vire vers l'E. Dans la nuit on avons viré de bord pour remonter vers le NW. Mais le bateau ne marche pas bien dans ces petits airs.. SIRIOS est au moteur. Nous mettons le moteur vers 12 h. J'ai fini "Voyage au bout de la Nuit" de Céline. Livre très prenant, un peu déprimant car pas beaucoup d'espoir dans ce voyage. Ce n'est pas du cynisme mais du désespor. On voit une tortue et un souffle de baleine. Téléphone à Nadia pour ce triste anniversaire. On se met en cape sèche (on abat les voiles et on se laisse dériver). En attente de vent lebateau bouchonne, nous dérivons à peine. repas tranquille. Quelques méduses nous accompagnent au gré de notre dérive. C'est un peu irréel d'être au milieu de l'atlantique sans vent sans voile, un peu au mouillage... A 3h du matin, au début de mon quart, on remet les voiles. Vent de 10 noeuds toujours de l'E mais il doit virer SE d'après le routeur. Joli lever de soleil sous la couche de nuages. Pendant son quart Gérald a aperçu une lueur de bateau : la première depuis 4 à 5 jours !

Jeudi 20 mai 17ème jour de mer (52 miles !!)

Sylvestre aperçoit des dauphins pendant son quart matinal. Le temps est couvert en matinée puis se dégage. Le vent est là sans être trop fort (entre 15 et 20 noeuds). C'est une magnifique journée pour demoiselle. Au point de midi 52 miles parcourus. On ne pouvait espérer mieux après après la mise en panne pendant 9 h. On aperçoit une tortue morte ou endormie?. Nous n'en revenons pas de la clémence du temps. Je trouve cette traversée (au moins jusque là) plus agréable que la transat aller. Gérald aussi. Pourvu que cela dure.. Toujours pas pressé d'arriver. La mer est belle et le bateau marche bien, équilibré sous voile, piloté par un simple sandow. Le vent toujours de SE monte pendant mon quart, le bateau va vite (pointe à près de 7 noeuds). pendant mon quart je vois un voilier qui marche très bien et nous dépasse. J'aperçois aussi un cargo qui va en sens inverse. Gérald et Sylvestre prennent un ris dans le quart suivant car le bateau commence à taper dans la mer (25 noeuds de vent apparent).

vendredi 21 mai 18ème jour de mer (123 miles)

Encore une très belle matinée. Le vent baisse un peu, la mer est belle : plat d'argent face au soleil. On enlève le ris. A mi journée on a fait 123 miles en 24 h. Notre record. Nous sommes à 900 miles des Açores. La météo devrait se dégrader ce week-end : pluie demain soir, vent de face dimanche. Qui vivra verra .. Après midi à lire "Sans un Mot" de Hablan Coben.Cela se lit très bien en navigation bien que les personngaes soient stéréotypés. En fin d'après midi, à l'approche de la nuit, on attend le passage d'un front. On prend un ris et quelques tours dans le génois. Quart tranquille sous un ciel couvert. Pas de bateau en vue.

Samedi 22 mai 19ème jour (117 miles)

Matinée très grise. Est-ce le front? Le vent tourne au S. Un peu de crachin, puis quelques grains. On croise un bance d'une cinquantaine de dauphins qui nous ignorent. Ils doivent être en chasse. Certains sautent. Pourquoi? Un petit calamar sèche sur le pont. Le ciel se dégage, on enlève le ris. Je commence le livre "11 minutes" de Paulo Coehlo. Discussion avec Sylvestre qui a beaucoup aimé ce livre sur le sexe et l'amour. Le vent baisse petit à petit et tourne au SW.. cela ne nous arrange pas. A 17h nous baissons toutes les voiles, et attendons que le vent revienne. La bascule de vent associée au front devrait se passer cette nuit. Le bateau bouchonne dans un fort roulis. Nous mettons le moteur pendant le reps pour que cela soit plus confortable. Gérald me réveille pendant son quart pour remettre de la toile, mais sans succès car le vent retombe. Pendant mon quart je finis "11 minutes". La fin est plus intéressante que le début : réflexion sur le désir, le plaisir, la douleur, le sexe chez la femme. A la fin de mon quart avec Sylvestre nous remettons la voile. le vent monte du NE et nous prenons vite deux ris. Le vent est établi entre 20 et 25 noeuds. Il fait gris.

Dimanche 23 mai 20ème jour de mer (34 miles)

Croyant être le jour de la fête des mères, j'appelle la mienne, à ce moment là nous voyons une baleine qui nous dépasse à 20 mètres du bateau. Conversation brève avec Bruno. Le ciel et la mer sont gris. La mer se forme petit à petit. Nous sommes au près avec une route au 120°. Le routeur nous dit que faire une route au S n'est pas grave, car les conditions dans le nord seront fortes. Je suis à l'aise dans le bateau. Gérald n'a pas grand moral. C'en en est fini de la transat de demoiselles. Je commence le livre "L'Ombre du Vent" de Carlos Ruiz Zafon. Journée un peu "Qu'est-ce que je fais là?" Il fait gris, la mer devient mauvaise, le vent monte et refuse (2 ris+trinquette entre 25 et 30 noeuds). Nous faisons 150° au compas alors que la route directe est au 50°. Nous ne virons pas pour tirer vers le N, car une grosse dépression arrive et on a intérêt à être positionné au Sud. Quart de nuit de 21h à minuit où j'ai très sommeil.

Lundi 24 mai. 21 ème jour de mer (87 miles parcourus mais vers le SE!!)

Journée encore bien grise. On aperçoit un voilier qui tire un bord vers le nord avec sa voile de gros temps orange. Il va aller vers le centre de la dépression Nous nous allons vers le SE pour l'éviter (merci M. le routeur). Prévision du routeur : Une grosse dépression avec vent de 45 à 55 noeuds va passer au nord. Nous, nous devrions toucher du 25 à 35 noeuds. Pour l'instant nous faisons toujours du SE et attendons la bascule de vent W pour la nuit. Le vent souffle toujours ENE à 20 noeuds (2ris et génois avec 5 tours). Ces deux dernières journées ne sont pas drôles (temps gris, et on avance très peu vers l'objectif). La mer s'est aplatie, mais on aimerait faire le cap direct sur les Açores pour que chaque mile parcouru soit un mile utile. Je garde pantalon et sweat toute la journée. Le soir je suis un peu brassé. Au repas du soir on parle mai 68, Larzac ... Pendant mon quart (Minuit-3h je remets le moteur. Le vent est complètement tombé, de gros grains noirs éclairés par une lune qui joue à cache-cache. Sylvestre remet de la toile à 4h.

Mardi 25 mai 22ème jour de mer (70 miles)

Matinée pluvieuse puis toute grise. Les nouvelles en provenance du routeur ne sont pas terribles : Il nous demande de faire route route au SE pour qu'on s'éloigne du centre de la grosse dépression qui doit arriver jeudi (vent 25-35 noeuds pour nous, 55 noeuds dans la dépression. Cette dépression va durer 3 jours ! Nous sommes alors vent arrière avec un vent trop faible (10 noeuds). A midi on met le moteur. C'est un peu le calme avant la tempête, la veillée d'arme. Ce matin petit groupe de dauphins qui restent dix minutes à jouer dans l'étraveau grand plaisir de Sylvestre. Dans l'après-midi le vent monte, nous tangonnons le génois. En fin d'aprèsmidi 2 ris et quelques tours dans le génois toujours tangonné. Pas trop d'ambiance car on attend du gros vent pour le surlendemain. Le détecteur de radar sonne, nous indiquant la présence d'un bateau mais on ne voit personne. Gérald me réveille un peu avant mon quart pour détangonner . Le vent souffle alors à 30 noeuds établis. Un peu sportive la manoeuvre..

Mercredi 26 mai 23ème jour de mer (110 miles parcourus, 80 miles utiles)

Le matin le vent tombe un peu 25 noeuds établis, cap toujours au 110. Le routeur nous indique pour les jours suivants moinds de vent que prévu, sauf pour samedi . Le moral remonte d'autant plus qu'il y a du soleil. (on est quand même en sweat et en pantalon). Parfois la mer est bien formée. Creux de 2m. Beaucoup de moutons pas encore de déferlantes. Belle aprés-midi, le bateau sous 3 ris et trinquette. je ne trouve toujours pas le temps long. C'est très agréable. Quart tranquille sous la lune presque pleine. très beau clair de lune sur la mer. Le vent baisse (15-20 noeuds), je roule la trinquette et envoie le génois.

Jeudi 27 mai 24ème jour de mer (115miles, 80 miles utiles)

Très belle matinée, le vent a molli, la mer s'est aplatie. On attend les nouvelles du routeur pour relancer la toile. Route au 100. Le gros temps est prévu pour samedi (35 noeuds, houle de 3,3m). Gérald préfère garder les 3 ris. Le ciel, parsemé de cirrus, se voile de plus en plus. Le soleil est caché. Nous apercevons un cargo sur tribord. Il branche son radar après nous avoir vu. Un peu avant la nuit on roule le génois et sortons la trinquette. Le livre "L'Ombre du Vent" m'accapare. Pendant mon quart le pilote fait un drole de bruit. On l'arrête et on barre. vent 25 noeuds.

Vendredi 28 mai 25ème jour de mer (126 miles, 120 utile)

Réparation vaine du pilote : on change les galets, mais rien n'y fait, on redémonte, on les change de sens, en vain. En fait Gérald comprend que les pièces de rechange laissées par l'ancien propriétaire étaient déja usagées et donc usées!! On sera obligés de barrer jusqu'au bout sauf si on est au près dans ce cas la le sandow nous relayera! Toute la journée des grains sans beaucoup de pluie avec du vent à 35 noeuds sous les grains, sinon vent 25 à 30 noeuds. Je passe beaucoup de temps à barrer. On met veste et pantalon ciré. La mer se creuse, mais pas encore dangereuse (2m50 max). Discussion sur le "raisonnable" et l'éducation des enfants .. On se relaye à la barre. Sylvestre fait du riz sauce noix de coco. Pas mal.. On aperçoit des dauphins qui sautent. Il faudra barrer jusqu'à Horta. Dur dur.. On fait des quarts de 2h30 pour ne pas être trop fatigués. Le plus dur est dans la nuit d'enfiler sa veste de quart humide, pour ne pas dire mouillée (pas encore trempée..) Le routeur nous annonce du vent 30 noeuds pour samedi et dimanche (un peu moins fort que les premières prévisisons, mais plus longtemps). Je n'ai pas lu de la journée, ni fais de Sudoku (pas le temps depuis que l'on barre..) dans le bateau cela cogne. Dans la couchette j'ai l'impression de grand vent et grosse mer. En fait, en sortant on est plutôt rassuré.

Samedi 29 mai 26ème jour de mer (130 miles, 120 utiles)

Toujours du ciel gris. Vent établi varie de 25 à 30 noeuds. De la pluie. La mer est grise, le ciel gris. On est à 360 miles de Horta. Toujours trois ris et trinquette. Cap au 70° (presque sur la cible). La mer est moins forte que prévue. Je trouve mon quart en fin d'après midi long, long.. Une sterne m'a tenu compagnie. Sinon pas de trace de vie autres que les méduses caravelles portugaises: étonnantes ces bestioles à la fois dans l'eau et dans l'air. Le vent baisse un peu dans la nuit. Mais gérald (trop?) prudent ne veut pas remettre encore de la toile, au désespoir de Sylvestre peut-être plus impatient d'arriver.



Dimanche 30 mai 27ème jour (120miles, 110 utiles)

On est à 250 miles d'Horta. Le vent en matinée a faibli à 20 noeuds. Il reprend un peu ensuite. A midi on roule la trinquette pour remettre le génois. SI on veut arriver pour mardi avant la nuit il faut faire un peu de vitesse. Toujours le ciel gris, moins de pluie. Les prévissions météo sont bonnes pour les 3 jours à venir. Aujourd'hui fête des mères, j'appelle la mienne et sans succès mamita. J'ai fini l'"Ombre du Vent" : il m'a beaucoup plu, très vivant, personnages sympathiques, histoire autour du livre en Espagne .. J'ai commencé "Le liseur" de Bernard Schlink. Le bateau avance bien, on voit des dauphins. Pendant mon quart j'aperçois un cargo sur babord.

Lundi 31 mai 28ème jour de mer (128 miles, 128 utiles). Il reste 128 miles à parcourir. On devrait arriver demain. Cela commence à sentir la fin ... Pas vraiment d'arriver... J'aimerais quand même voir mes mails. Un peu triste de quitter le bord à Horta. On tangonne le génois, on est en route directe sur Horta... Dans la nuit le vent monte. Nous enlevons le tangon et affalons la grandvoile sous 40 noeuds de vent. Nous continuons sous trinquette seule et sous la pluie... les quarts sont pénibles. Gérald voit une rafale de 50 noeuds et une grosse déferlante le doucher. Sylvestre me réveille car le vent a tourné et il faut manoeuvre la trinquette et bastaque.. Gérald me réveille car on peut remettre de la toile. Bref je n'ai pas beaucoup dormi ..

Mardi 1er juin, 29ème jour de mer

Le vent tombe dans la matinée. Nous ne savons pas quelle est la nature du gros temps de la nuit dernière : dépression secondaire, ou grains .. Nous mettons le moteur vers 15h pour assurer une arrivée de jour. J'aperçois la teere plie 4 semaines après notre départ. Nous apercevons la Caldeira qui nous cache le port. Le plafond est bas, l'ile parait très verte. Quelques dauphins nous souhaitent la bienvenue. Nous affalons la voile, rentrons dans le port d'Horta, quelques bateaux sont au mouillage. On se met à couple (4ème bateau) sur le quai d'accueil. Il est 18h UTC. Gérald et moi ne mettons pas le pied à terre. Pour moi cette nuit, plus en navigation, mais pas encore à terre est un sas dont j'ai besoin pour terminer cette traversée. J'ai l'impression d'être à Guernesey (où j'étas en solo en 2003) : plafond très bas, il fait frais et humide, le port est calme, tout est à découvrir.

Mercredi 2 juin premier jour à terre et jours suivants

La nuit a été réparatrice de sommeil. Pas de quart, bateau immobile, grand silence, profond sommeil.. Lever tôt, balade en solitaire sur les pontons et en ville (une voiture glisse sur les pavés humide, monte sur le trottoir et a failli me renverser). café dans les bistrots.. Je retrouve Michel sur Hoenir (parti en solitaire de Trinidad pour l'Irlande nonstop, il relache à Horta à cause du mauvais temps), Marilène sur daam-dour (je l'avais rencontrée à Trinidad. Elle arrive avec un skipper et son fils en transportant les cendres de son mari), Patrick et Josiane sur SIRIOS. Je reconnais beaucoup de bateaux que j'avais déjà aperçu dans des escales précédentes : Eolica, Fidelio, Dame des tropiques, caprice à deux, et d'autres. Il faut dire que Horta est une étape obligée sur la route du retour des Antilles. Le port est archi plein, beaucoup de bateaux très différents, on a plaisir à parcourir quais et pontons, à y découvrir les logos laissés par les bateaux de passage qui nous ont précédés ... Beaucoup de discussion sur les pontons par rapport au mauvais temps. Gérard en solo, a du abandonner son bateau et a été récupéré par un autre solitaire à 4 jours d'Horta.. Rangement et nettoyage de LOUSTIC Sylvestre retourne en France pour une semaine. Petite balade à pied le matin, je retrouve le plaisir de marcher. Au revoir à LOUSTIC et Gérald, et à Michel.. Le vol Horta-Lisbonne, Lisbonne Lyon termine cette superbe traversée très variée dans une très bonne ambiance.

De la Martinique aux Açores

Grenoble le 28 juin 2010,



Je traine à écrire ce récit, car je n'ai pas envie de terminer ce voyage (au moins provisoirement), d'ailleurs je n'ai toujours pas vidé mon sac avec mes bottes ,

A Trinidad, le bateau mis au sec, je termine de le préparer pour son repos de plusieurs mois (rinçage de tous les cordages, retouche des voiles chez le voilier pour le génois, la grand-voile, le lazy bag, préparation de la coque et la quille en vue de l'antifooling, travaux de menuiserie pour réhausser la couchette arrière, changement de bague de safran, démontage et mise au clair de l'hydrogénérateur, hivernage du moteur inboard et du moteur d'annexe, vernis de la barre et des boiseries des hublots, vaigrage du carré, nettoyage divers, mise en place du déshumidificateur ..) Marie-Jo et Michel sur Avel-dro me rejoignent. Leur bateau passera l'hiver à côté de Nuages. Je rencontre plusieurs équipages. En particulier Michel, un pappy de 72 ans qui navigue en partie seul sur Hoenir Ovni 35. Il démarre de Trinidad avec projet de rejoindre l'Irlande non-stop et seul. De toutes les Antilles il ne verra que Trinidad! En fait je retrouverai Michel à Horta aux Açores. En effet au vu des cartes meteo annonçant une grosse dépression, il s'est détourné sur les Açores. Le 28 Avril, je laisse NUAGES et prends l'avion pour la Martinique où je rejoins Gérald sur LOUSTIC. Gérald déjà rencontré à Madère, puis aux Canaries, puis au Cap-Vert et en Martinique recherche des équipiers pour rentrer en Bretagne. Je me suis proposé pour l'accompagner jusqu'aux Açores. Loustic est un bateau acier (plan Provin) de 12m. Un peu lourd, ce n'est pas un bateau de régate, il a besoin de vent pour avancer, il offre une intérieur avec beaucoup de rangements et un agencement intérieur original. Ma couchette est dans la coursive babord. Elle est super confortable. Sylvestre, le troisième équipier, rejoint le bord le lendemain. Sylvestre a été recruté sur internet. Entre deux jobs il s'octroie le temps de réaliser une envie de traversée en bateau. Nous faisons les courses d'avitaillement en prévoyant une traversée d'un mois. Les trois cagettes de pommes nous permettrons d'avoir du frais jusqu'aux Açores. Tout trouve sa place dans le bateau. Au marin je retrouve -Philippe et ses enfants qui vivent sur son dufour 4800. Philippe n'a encore jamais navigué, mais a des rêves .. -Jean-Claude sur son cata Sepia -Brigitte et Philipe qui avaient t dématé pendant la transat aller sur le bateau d'un ami, viennent de craquer pour acheter un ketch de 48 pieds en alu. -Le petit jeune à qui j'avais donné un guide des antilles. Il veut revendre son petit bateau et aller voyager à pied en Asie. -Marina et ses trois enfants sur Digoweg..



Sur les pontons il y a une atmosphère de départ, les équipages sont essentiellement masculins. Gérald a pris les services d'un routeur météo, en charge de nous guider au mieux pour slalomer entre les calmes plats de l'anticyclone des Açores et les grosses dépressions de l'atlantique nord.



Nous partons le 4 mai aprés une dernière douche, un dernier rasage. Nous arrivons à Horta aux Açores 28 jours plus tard. Bien que longue cette traversée ne m'a jamais paru ennuyeuse. La première semaine nous tirons des bords le long des antilles et remontons au Nord. La deuxième semaine nous jouons avec les calmes plats ( deux fois nous baissons les voiles et attendons que le vent revienne. c'est un peu l'ambiance du mouillage mais à 1000 km de toutes côtes). Jusque là c'est une transat de demoiselle (mer belle, soleil, vent modéré..) La troisième semaine nous faisons un détour vers le Sud-Est pour éviter une grosse dépression (merci Monsieur le routeur), l'ambiance se rafraîchit, quelques grains. La quatrième semaine enfin en cap direct sur les Açores,grains, cirés indispensables, capots de descente souvent fermés, une dernière nuit bien agitée (vent établi pendant plusieurs heures à plus de 40 noeuds, une belle déferlante pendant le quart de Gérald).



L'ambiance à bord est très bonne. Nous mangeons bien (Sylvestre s'avère gourmet et bon cuisinier). Je dors bien dans ma couchette. Nous refaisons souvent le monde lors de nos repas conviviaux, parlons évidemment bateaux. Nous nous demandons pourquoi on aime ces traversées. Difficile à expliquer. A trois on peut bien mieux se reposer (par plage de 6 heures) qu'à deux (plage de 3 heures). Bons bouquins à bord, réserve de Sudoku.



Le seul problème technique de cette traversée est une panne de pilote. Les pièces de rechange étaient en fait déjà usagées. Nous avons du barrer 5 jours.



Malgré une ou deux lignes de traîne, nous n'avons rien pêché.



Nous avons aperçu plusieurs fois des jets de baleine. Une est passée très près du bateau (50m) alors que j'étais au téléphone avec ma mère à l'occasion de la fête des mères.. Des dauphins nous ont accompagnés à plusieurs reprises. Un paille en queue nous a fait un festival faisant mine d'atterrir sur les panneaux solaires. Les puffins avec leur vol magnifique aux ras des vagues étaient intéressés par nos leurres tout au long de la traversée. Quelques poissons volants et 2 calamars se sont échoués sur le pont. Beaucoup de rencontres de méduses à voiles appelées aussi caravelles portugaises, étonnants animaux avec les filaments immergés, et une espèce de voile au dessus de l'eau, chavirant dans les écumes des vagues et se redressant aussitôt pour reprendre leur navigation au gré des vents. Nous avons traversée des champs de sargasses, algues vivant en surface et se déplaçant au gré des courants. Elles ont donné leur nom à cette zone de l'océan.



Nous avons croisé une dizaine de cargos, 3 voiliers.



De superbes lever et coucher de soleil tout au long de ces 28 jours de mer.



Le 29ème jour, à 14h nous apercevons la terre. Il fait gris et humide. Nous entrons dans le port d'Horta et nous mettons à couple sur le quai d'accueil. Je retrouve l'ambiance d'une arrivée à Guernesey, ciel très bas, collines verdoyantes. Je ne descends pas à terre avant le lendemain, ayant besoin de ce sas avant de reprendre une vie de terrien.



A horta, je retrouve des bateaux déjà rencontrés Daam-Dour de Marilène, Hoenir de Michel, Sirios de Josiane et Patrick, Fidelio, Dame des Tropiques, Eolica, Caprice à deux ... Il faut dire que Horta est un passage quasi obligé sur le chemin du retour.

Sur les quais d'Horta, les équipages racontent leurs traversées bien agitées cette année. Un navigateur solitaire a du abandonner son bateau qui faisait l'eau et a été récupéré par un autre navigateur solitaire. Cela fait suite à Seb navigateur solitaire sur un feeling 10.90 qui nous a tenu au courant par mail pendant la traversée de ses aventures. Il a du abandonner son bateau à une semaine de Saint Martin en raison de problèmes avec son safran et a été récupéré par un cargo .



Après quelques jours de nettoyage, rangement, petites balades à pied dans les environs, il est l'heure de prendre congé de Gérald, Sylvestre et Loustic, de faire mon sac et de prendre l'avion pour Lisbonne et Lyon, le coeur restant un peu sur l'océan.



Je retournerai fin décembre à Trinidad pour naviguer sur NUAGES. La destination de ce nouveau voyage n'est pas encore déterminée.

En attendant je vais retrouver famille, amis et montagne. Mais ma tête est encore un peu sur l'océan, et je suis tous les jours la progression de LOUSTIC vers la Bretagne.



A bientôt.



Daniel Voilà quelques photos. Certaines sont de Sylvestre.

Le bateau au sec à Trinidad côte à côte avec Avel-Dro

Formation en V des pélicans partant pêcher le matin

Avitaillement en pommes sur LOUSTIC au Marin

Equipage sur LOUSTIC

Gerald en communication mail avec le routeur

Un des magnifiques couchers de soleil

Il commence a faire frais

Sargasse

Bain au milieu de l'atlantique

Etonnante méduse à voile

))

Calamar échoué sur le pont

Il fait encore plus frais et plus humide..

Loustic à Horta

Michel à Horta

Au revoir les Açores, peut-être à l'année prochaine sur NUAGES

lundi 05 avril 2010

De Martinique à Trinidad

La suite du voyage de NUAGES



C'est donc à deux que nous faisons le dernier trajet avec NUAGES pour cette année. Nous l'emmenons à Trinidad, ile réputée pour ne pas subir de cyclone.



Nous quittons Le Marin le vendredi 27 février pour descendre dans le Sud. Nous ferons autant que possible des mouillages dans des endroits que nous n'avons pas fréquenté les deux fois précédentes et tacherons de faire des petites étapes. La seule contrainte de temps vient du billet d'avion de Noelle le 30 mars au départ de Port Of Spain capitale de Trinidad.. En descendant sur Ste Lucie nous attrapons le premier et dernier poisson de ces 3 mois de navigation dans l'arc antillais : un barracuda de 50 cm. Excellent dans l'assiette!



A Sainte Lucie nous nous arrétons à Rodney Baye et La Soufrière où nous passons 3 nuits au mouillage sur une bouée dans la partie sud. (nous serons obligés de veiller toute une nuit à cause d'un risque de collision avec un autre (trop long) bateau dont l'équipage dort à poings fermés). La ville de la soufrière (2ème ville de l'ile) est en fait un gros village. Encore beaucoup de maison en bois, marché à même le trottoir. Viste du jardin botanique. A St Vincent, ile que nous avions longé sans oser nous arrêter à cause de sa mauvaise réputation, nous mouillons a Walilabu. Très joli mouillage dans une petite crique (a servi de décor pour le film Pirate des caraibe). Effectivement l'accueil est un peu pressant, mais après on est tranquille. Nous nous promenons dans le village et marchons un peu dans la forêt (avec petite frayeur quand nous y croisons 3 armoires à glace avec leurs machettes. Noelle leur trouvait un air suspect!)



Ensuite arrêt à Bequia. Là nous prenons le ferry pour retouner sur St Vincent dans la capitale Kingstown. Le ferry est plein de collegiennes (très peu de collegiens) en uniforme que nous retrouverons le soir. Visite du jardin botanique (encore un) un peu à l'abandon, et tour dans la ville. La ville semble vivre par ses collegiens et étudiants, beaucoup de restauants de rue. Un marché où on trouve beaucoup de fruits et de légumes. Il faut dire que St Vincent est le potager de toutes les iles Grenadines.



De Bequia nous descendons sur Cainouan déja visité 2 fois, mais le WiFi y est excellent et on peut skyper avec les enfants.



Puis ce sera l'ile de Mayreau dans le beau mouillage de Salt Whistle bay (un peu encombré à mon goût). Une petite plage avec cocotier protège du vent et de la houle. Le snorkeling y est décevant.



On descend alors sur Union et nous nous arrétons à Chattam Bay le temps d'une scéance de snorkeling dans le nord de la baie. Mouillage avec 3 ou 4 bateaux. Jolis coraux et poissons. Puis nous allons au mouillage à Clifton . Le mouillage est très joli le long d'une barrière de corail face à l'ocean. L'eau y est d'une belle couleur émeraude. des coraux sont à fleur de l'eau au milieu. Nous prenons une bouée pour y passer 3 nuits. Nous montons sur un sommet qui domine la baie avec une très jolie vue sur la barrière de corail. Nous flanons dans le village. Nous faisons notre clearance de sortie de l'état des grenadines de St vincent.                                Le mouillage à Union. NUAGES est le bateau le plus sur la gauche.



Nous allons alors sur Cariacou et mouillons à Hillsborough Bay. Très peu de bateau au mouillage. Nous y faisons nos formalités d'entrée et nous promenons dans cette petite ville agréable (peu fréquentée par les plaisanciers). Petit repas au resto local à midi. Très beau coucher de soleil au moment du Ti punch. La nuit dans les rafales de vent, Noelle croit à plusieurs reprises que nous chassons sur notre ancre et allons percuter le bateau de derrière. Mais heureusement nous n'avons pas bougé. Le lendemain nous allons au mouillage de Tyrrel. Lui est trés fréquenté par les plaisanciers (une centaine de bateaux). Certes il est mieux protégé, mais il n'y a rien alentour...



Après Cariacou nous allons à Ile Ronde. C'est une ile inhabitée. Le mouillage y est très sauvage. Nous étions seulement 2 bateaux (c'est rare aux antilles). Nous faisons un trés beau snorkeling dans le nord de la baie.

Noelle insiste pour que nous posions notre filet. Jusqu'à maintenant j'avais refusé arguant du fait que nous risquions d'attraper une tortue, de la législation ou du fait qu'il y avait beaucoup de monde. Ici nous n'avons pas vu de tortues et il y a peu de monde. le soir nous avons calé le filet. Le lendemain à l'auble nous allons le remonter. Dedans il y avait une seule grosse raie toujours bien vivace et se débattant. Avec du mal nous la libérons en coupant son aiguillon planté dans une corde du filet. (pour les ames sensibles rassurez vous cet aiguillon repousse). Dans l'aprés midi nous nous apercevons que l'annexe gonflable est dégonflée : La raie avant de planter son aiguillon dans la corde, l'avait planté dans l'annexe !!



Descente agréable (bon vent de travers) entre ile Ronde et Grenade. Mouillage devant la plage de Ross Point. Contrairement au guide, il n'y a plus de mouillage dans le lagoon. Grenade est la l'ile des épices réputée pour la noix de muscade. Nous restons trois nuits au mouillage. Nous prenons un taxi collectif pour traverser l'ile vers Grenville (qui vient du français Grand Ville). Comme dans toutes ces iles, bien qu'anglophones, beaucoup de noms y sont a consonnace française témoins de l'histoire mouvementée de cette région. Nous nous arrétons au retour pour marcher autour de Grand Etang. Balade dans la forêt à la limite de l' étang que nous n'apercevons que sur la fin. Nous croyons y avoir entendu des singes.                                Ensuite nous choisissons le mouillage de Prickly Bay, car il est au sud et diminue le trajet pour Trinidad et qu'il comporte un poste d douane pour la clearance. nous sommes déçu par ce mouillage que la carte nous avait fait espérer plus joli. Il y abeaucoup de monde et l'eau n'y est pas très claire.



Jusqu'à maintenant les étapes étaient des sauts de puces de 10 à 20 kms, nécessitant de 1 à 3 heures. Pour Trinidad il y a 150 km et un courant contraire nous fait perdre la moitié de la vitesse. De plus pour cette traversée nous prenons quelques précautions en regard de la piraterie sévissant dans le coin et particulièrement au Venezuela (cachette de liquide, du telephone satellite, d'un GPS portable) et décidons de naviguer surtout de nuit et d'attendre une bonne meteo (surtout que le vent ne soit pas de sud est). Nous partons à midi le lundi 22 mars. Le vent comme attendu est entre 15 et 20 noeuds. Le courant au début porte à l'ouest et dévie notre trajectoire qui nous fait alors rater Trinidad et nous retrouver au Venezuela. Heureusement par la suite le courant porte au Nord Ouest, nous permettant de rétablir la trajectoire mais diminuant la vitesse. C'est avec plaisir que je retrouve une navigation de nuit. C'est toujours un peu excitant de voir la nuit tomber et magique de voir le soleil se lever. Entre les deux, c'est la veille des lumières, essayer de comprendre les trajectoires des autres bateaux , comprendre si c'est des bateaux de pêcheurs ou des plateformes pétrolières, croire que c'est un paquebot et en fait découvrir à ses lumières que c'est un bateau échoué, apercevoir au moment prévu le phare de Chacachacare. Retrouver un ciel très étoilé quand la lune se couche. Aller dormir en confiance quand c'est l'autre qui veille. ..



Au lever du jour, on apercoit la cote de Trinidad et du Venezuela. Des vols de pelicans en V nous souhaitent la bienvenue. Nous passons la Boca des Monos et allons au mouillage sur bouée a Chaguaramas destination de ce voyage. Formalité d'entrée dans l'état de Trinidad. Viste au chantier dans lequel NUAGESva passer quelques mois au sec. Le bateau est sorti de l'eau le vendredi 26 mars. Il y a quelques travaux d'entretien à faire. En attendant nous louons une voiture et faisons un tour dans l'ile. La conduite à gauche, le non respect du code de la route, l'état des routes rendent la conduite un peu fatigante. Je tombe dans un trou, d'où nous sortent avec une remorque de bien sympathiques gars. le nord de l'ile est montagneux et trés sauvage. Nous y prnons des bains sur de belles plages trés fréquentées penda,t le week end.



Noelle a repris l'avion prévu le 30.



Je reste ici pour fnir l'entretien du bateau et le mettre prêt pour ses neuf mois de repos. Ainsi s'arrête le voyage de NUAGES pour cette année.



le mien va peut-être continuer un peu: j'ai en projet de rentrer jusqu'au Acores comme équipier sur le bateau d'un ami de rencontre (Madere, Canarie, Cap-vert, Martinique), histoire de prolonger un peu ce voyage.



A bientôt à tous.

Daniel

vendredi 02 avril 2010

Vagabondage dans les petites antilles

Le Marin le 23 Février 2010

Aprés l'arrivée en Martinique et les travaux à faire sur le bateau (Frigo et pilote, on trouve tous les spécialistes au port du Marin), Noelle est là juste pour le réveillon du 31 Décembre.

Réveillon sur le bateau avec un couple d'amis et un navigateur solitaire de l'Isère en attente de sa femme (champagne et foie gras apporté par Noelle). Quelques jours à visiter la Martinique, mais le temps pluvieux nous a empêché de marcher. Nous avons acueilli Claudia, Robert et Camille pour une soirée sur le bateau ce qui nous a fait grand plaisir.



Ensuite c'est les courses en annexe à Leader Price (ici tout se fait en annexe), puis le départ pour les Grenadines où nous espérons un peu plus de fraîcheur... Ce sera d'abord Sainte Lucie où nous apprécions le mouillage des deux Pitons dans un cadre magnifique et une réserve marine. Scéance de snorkeling (palme masque et tuba) pour admirer les trés belles éponges en forme de vases et les poissons colorés. Pitons (Photo Rodrigo) Nous longeons St Vincent que je trouve particulièrement jolie, verdoyante et sauvage, mais où il est déconseillé de s'arrêter. Ensuite arrêt à Bekia (entrée administrative dans les iles grenadines dépendant de St Vincent : formalités de douanes et d'immigration), à Mustique l'ile des milliardaires. Nous y découvrons une eau pure avec coraux, poissons, une langouste dans 3m d'eau. C'est aussi un village de pêcheurs avec monticule de débris de lambis, et surprise carapaces de tortues. Aprés c'est deux nuits au mouillage des Tobago Cays. C'est la carte postale des grenadines, petites iles désertes avec ceinture de coraux. L'eau y est d'une clarté jamais vue ailleurs. Par contre il y a du monde (une cinquantaine de bateaux..) Nous faisons souvent du snorkeling dans des lumières superbes. Nous nageons avec les tortues, admirons les coraux colorés, les poissons. Nous voyons en particulier une grosse raie, un barracuda, un serpent et de multiples poissons de coraux (chirurgiens, papillons ..). Nous achetons aux boat boys deux poissons (Red Sniper), car notre pêche à la traine s'est avérée lamentable. (On apprend par la suite que pour tous nos collègues c'est la même chose). Nous remontons à la Martinique en nous arrêtant à Cainouan, Bequia, et Ste Lucie. La navigation sous le vent des iles est généralement cool, même au moteur mais il peut y avoir des rafales. Par contre entre les iles c'est souvent une mer bien formée et un vent accéléré par les reliefs, nous obligeant à prendre 1 ou 2 ris.



Retour au Marin, pour y embarquer Judith et Sébastien le 20 Janvier. Avec eux cela sera direction le Nord. Tout d'abord mouillage à Ste Anne pour fuire la chaleur du Marin et pour un premier bain pour Judith et Seb, puis mouillage à Anse Noire où nous retrouvons Marie Jo et Michel sur leur bateau. Nous assistons à une pêche à la senne, mais vue la faible quantité de poissons (2 kg) ramenés, cela fait plus penser à un spectacle pour touristes. Mouillage à St Pierre avec son joli marché. Noelle retrouve par hasard un voisin de Bernin. Aprés traversée pour la Dominique avec mouillage à Roseau (bouée gérée par Pancho Service). Nous faisons une excursion dans la forêt luxuriante. Noelle est tout regard pour les milles espèces de fleurs , d'arbres... Nous nous baignons dans une chute, puis dans un canyon et dans des sources d'eau chaude et sulfureuse.



Ensuite c'est un mouillage sous les trombes d'eau à Portsmouth (où nous faisons les formalités d'entrée et de sortie de la Dominique). Traversée pour les Saintes où nous mouillons au pain de sucre : très beau mouillage. Noelle et moi montons au sommet culminant (400m !) histoire de se dégourdir les jambes. Sébastien ayant pris froid à la Dominique il doit consulter le médecin au bourg où nous passerons deux nuits au mouillage, occasion de se reposer.



Traversée musclée sur la Guadeloupe avec une mer trés agitée et de fortes rafales (plus de 35 noeud) à la pointe du Vieux Fort. Mouillage sous les rafales devant la Marina de Riviere Sens à Basse Terre (le mousqueton inox de notre amarre s'est tordu tellement cela tirait). Nous louons une voiture pour 2 jours. Cela nous permet de monter à la Soufrière où le ciel se dégage pour nous au sommet, nous laissant admirer la vue sur toute la Guadeloupe. Le lendemain c'est snorkeling sur la réserve Cousteau. A Deshaies nous visitons le magnifique jardin botanique (ancienne maison de Coluche). Belle vue sur l'ile de Montserrat dont on voit le panache de fumerolles.



Redescente sur la Dominique avec des conditions toujours musclées, et arrivée à Fort de France (mouillage trés agréable et trés bien situé de la baie des Flamands). Des tortues apparaissent fugacement à la surface autour du bateau à l'émerveillement de Judith.



Nouys sommes entourés de Suédois, Norvégiens, Danois, Néo-Zélandais, Tchèques, Hollandais. Un couple de Néo Zélandais sur un bateau trés spartiate (No fridge, No Outboard, No toilets) arrivent de Patagonie. Ils ont deux annexes gigognes à la rame. Ils ont tout construit eux mêmes. La traversée depuis la Nouvelle Zélande vers la Patagonie a duré 60 jours sans voir ni terre ni bateau ! Impressionnant.                                                               Nous accueillons Mathilde et Rodrigo qui embarque avec tout son matériel de Kite Surf. Soirée bien sympa avec 6 personnes à bord. Le lendemain Sébastien (et un peu Judith) ont le spleen de nous quitter pour retourner chez eux en Espagne).



Avec Mathilde et Rodrigo nous retournons dans les grenadines avec un peu les mêmes étapes. Nous manquons de peu Mick Jaeggert à Mustique au festival de blues (où Noelle et moi dansons un rock endiablé de 20 minutes). Nous leur faisons découvrir les jolis fonds marins des Tobago Cays. Quand nous y mouillons nous faisons fuir une grosse raie ... Nous apercevons un grand iguane. Rodrigo fait un peu de kite surf au mouillage de Petit Tabac. Retour par Canouan (On recommande le WiFI que l'on recoit sur le bateau pour "skyper" avec les enfants), Bequia et Ste Lucie. Retour au Marin et visite de la distilerie La Mauny, participation aux festivités du Carnaval. Mathilde et Rodrigo rentnent le jeudi 18 Fevrier. Mathilde et Rodrigo                               iguane (Photo Rodrigo) Petit tabac



Nos impressions sur ces navigations : La navigation est assez facile, pas besoin de prendre de meteo, mais attention aux surventes dans les canaux entre les îles. Trés déçus par la pêche : il faut dire que l'on voit très peu de pécheurs, très peu de dauphins, très peu d'oiseaux, c'est qu'il y a très peu de poissons...Est-ce qu'il y a eu surpêche, est-ce que la pollution a fait des dégats ? En tout cas les produits d'entretien bio ne sont pas encore arrivés dans les commerces,à la marina du Marin les catamarans sont tous nettoyés à grand coup de Teepol et de Javel. Les rencontres avec les équipages voyageurs sont très sympa (c'est des gens comme nous !), par contre il nous manque la rencontre avec les locaux. En effet nous avons peu de contact avec les populations locales (excepté les boat boys). C'est une grande différence avec nos voyages en bicyclette ... Bonne surprise par les végétations locales : luxuriance, couleurs, fleurs, diversité. J'ai été surpris par les reliefs montagneux de ces iles: je m'attendais à des iles plates et coraliennes. Mais elles sont toutes des anciens volcans. Ici les bateaux sont généralement plus gros qu'en Bretagne : Dans les mouillages avec ses 11m notre bateau est très souvent le plus petit...



Nous profitons pour bricoler le bateau, monter à la Montagne Pelée, marcher dans le nord de la Martinique entre anse Couleuvre et Grand-Rivière (très belle marche dans la forêt luxuriante) et écrire ce petit mot avant un départ prochain vers Grenade et Trinidad.



Bisous à tous et à bientôt.



Daniel et Noelle sur NUAGES

De Mindelo à La Martinique

Le Marin 20 Décembre 2009

La Transat



Le bateau étant sécurisé dans la nouvelle marina de Mindelo au Cap Vert, je l'ai laissé ainsi que mon équipier pendant une petite semaine pour aller randonner dans l'ile toute proche de Santo Antao avec MarieJo et Michel un couple de Benodet voyageant sur leur Bavaria 36. Cela fait du bien de redevenir terrien et d'utiliser ses jambes pour voyager. Nous avons parcouru des sentiers menant d'un cratere devenu champs cultivés jusqu'a la mer en passant dans des villages de paysans accesibles uniquement à pied. Culture du mais, de la canne, du manioc ....                                                                                                                                                                                           Nous avons longé l'océan sur des sentiers pavés à flanc de montagne ... Des paysages alternant des reliefs trés découpés et trés sauvages avec des cultures en terrasses s'élevant jusqu'au sommet de belles aretes... On a croisé des paysans dans leur champs qui m'ont donné des goyaves, des lycéens rentrant du lycée et gravissant les 500m de dénivelé pour rentrer chez eux sous un soleil de plomb ... Nous avons vu les pécheurs de Punta de Sol slalomant dans les déferlantes pour rentrer dans leur minuscule port.

De retour sur le ferry, j'avais l'impression que les vacances étaient finies...

Maintenant il faut penser à la traversée. Je termine quelques petits bricolages, nous faisons les dernieres courses (eau, vivres frais, biscuits pour les quarts..) Je passe 3 heures dans l'eau à nettoyer la carène des algues qui s'accumulent et risquent de freiner le bateau. Le soir nous prenons nos repas au Club Nautico et apprécions la musique live et surtout un guitariste. Chaque jour nous voyons des bateaux (3 ou 4 par jour) qui partent. Beaucoup vont sur le Brésil qui est bien plus proche que les Antilles. Notre départ est fixé au samedi 29 Novembre. J'avoue que je suis assez ému par cette attente du départ, réfléchissant à ce que j'oublie, a ce qui pourrait casser ou tomber en panne pendant la traversée .. Un marin qui a déja fait cettte traversée me dit qu'une seule chose peut nous guetter, c'est l'ennui !!



Enfin l'heure de larguer les amarres est là, Michel vient nous aider tandis que Marie-Jo nous salue de corne de brume comme le veulent les us et coutumes. Il fait beau, je suis content de partir. 3600 km de mer avant de voir une terre. Je compte 16 à 17 jours de navigation, et plus si problème..                                                                                              René en fin de quart

Cette transat est l'objet d'un reve de prés de 40 ans..



Elle a été pour moi une expérience de relation avec le temps. En effet sur le bateau il n'y a pas beaucoup de choses à faire : -Veiller que l'on ne voit pas un autre bateau (nous avons vu un bateau par jour les 5 premiers jours puis plus rien et un le dernier jour..) -Une fois par jour mettre le GPS pour faire le point que l'on reporte sur la carte et réajuster le cap s'il y a lieu. -réglage des voiles quand nécessaire en moyenne 5-6 fois par jour. -préparer un repas chaud par jour -Mettre la ligne de peche et la retirer si poisson -Vérifier l'état des batteries (un peu de moteur si besoin) -vérifier les fonds (pour prévenir une entrée d'eau) -Le matin ramasser les poissons volants qui se sont échoués sur le bateau.



Le reste du temps, c'est contemplation de la mer et du ciel, lecture, sommeil, pensées intérieures ... Les premiers jours paraissent longs (surtout la nuit). On compte les jours passés, on n'ose pas compter combien il en reste. puis aprés avoir passé la moitié du trajet, alors tout s'accélère, et à deux ou trois jours de l'arrivée on n'est plus pressé d'arriver, même si l'on a envie de faire un bon temps !! (surtout que MarieJo et Michel sont partis 24h aprés nous et je n'aimerais pas du tout qu'ils arrivent avant nous !!!)



C'est aussi une expérience de solitude. Même à deux, je me suis souvent senti tout seul. d'abord la nuit on ne fait que se croiser sauf quand il y a un problème (empannage sauvage, pilote qui fait des siennes ..) Le jour je vis dehors avec un livre, René, a du mal à se concentrer pour lire un livre, passe son temps dans le carré à somnoler, regarder la carte papier ou lire le guide cotier des Antilles. On se sent loin de tout. On aimerait apercevoir d'autres voiliers ou plus de cargo surtout les nuits sans etoile sans lune ...

René lui a eu un coup de blues au bout de 10 jours ... Moi j'ai eu tout le long un peu de stress par rapport au matériel ... Effectivement notre pilote nous a laché une nuit ou j'étais de quart, j'étais en train de rebranvher un panneau solaire, et j'ai malencontreusement débranché le pilote. Le bateau est parti en vrac (avec le génois tangonné qui a pris à contre). Obligé de barrer toute la nuit. Le lendemain j'ai pu le rebrancher. La deuxième panne du pilote est survenue à 3 jours de l'arrivée. Elle nous a obligé à barrer continuellement jusqu'à la Barbade. Plusieurs fois je me suis endormi en barrant ...



Quand on approche de la terre on cherche les premiers signes annonciateurs (odeurs, oiseaux, nuages, dauphins, côtes): cette fois ci cela aura été les lumières sur la côte et puis un phare sur la pointe sud de l'ile de la Barbade. On est arrivé de nuit (1h du matin heure locale) dans le mouillage, nous avons tatonné pour se trouver une place. Beaucoup de bruit de la musique d'un bar jusque tard dans la nuit, mais j'étais content d'etre arrivé, de sentir le bateau se reposer sur la mer plate à l'ancre. SMS à Noelle. Nous avons alors fait une collation : apéro, puis le thon péché quelques heures plus tôt, du fromage sec de Tenerife et du vin rouge ... Que c'est bon de se coucher dans un bateau qui ne bouge plus, ne craque plus, ne cogne plus sur les vagues. Que c'est bon de se coucher sans avoir à être réveillé 3 heures plus tard. Le lendemain c'était mal de crane, mais quel plaisir de découvrir le paysage environnant La musique du bar a laissé la place au chant du coq. L'eau est magnifique, turquoise, toute plate, des tortues y nagent tranquillement . Je me baigne et débarque à la nage sur l'ile de la Barbade au sable fin avec reflets rouges. heureux.. Heureux de l'accomplissement de cette transat, ému aussi ...

Pendant cette traversée J'ai bien aimé les nuits étoilées ou avec la lune, sentir le bateau dans les longs surfs sur la houle, les lumières de la mer, la houle tous les jours différente, la langueur de ces jours où toutes les minutes t'appartiennent, voir tous les jours notre trace avancer sur la carte, me caler dans le cockpit avec un livre et lever les yeux sur la houle qui nous rattrape nous soulève nous pousse et nous dépasse, se faire accompagner par la lune, retrouver le soleil tousles matins dans le ciel colorés ...

Quelques données techniques pour les voileux : Durée de la traversée : 14 jours et 16 heures. 5 cargos croisés, pas un voilier Pas vu ni dauphins ni baleines. Vu quelques oiseaux : Paillequeus, fous et un petit oiseau dont je ne connais pas le nom. Attrapés 2 dorades coryphenes et un petit thon. La batterie moteur changée avant de partir a rendu l'ame. (J'aimis à la place une des batteries de servitude.) Le Pilote (vérin hydraulique) a eu ses charbons qui se sont anormalement usés. Nous avons été 95% du temps les voiles en ciseaux avec le génois tangonné (attention a l'usure du tangon sur les écoutes) Nous étions souvent un peu sous voilés (attente du prochain grain, nuit, envie de ménager le matériel) Quelques empannages sauvages. Merci le frein de bome Walder. Une poulie de renvoi du frein de bome a éclaté. je ne faisais le point qu'une fois par jour. Tous les instruments étaient éteints le reste du temps. A chaque fois petite excitation (déception ou bonne surprise) du nombre de miles parcourus depuis la veille. La plus petite distance parcourue : les premieres 24 h : 108 miles sans doute la dévente due aux iles du Cap vert. La plus grande distance : 158 miles Le vent a soufflé de force 2 à 6+ La mer : beaucoup de houle croisée rendant souvent acrobatique la vie à bord et surtout la cuisine ... Les vagues ont atteint 5 mètres. Impressionnantes mais jamais dangereuses (René les estimait à 7m!). Des passages de grains ont permis de nettoyer le bateau ... Etabilissement des quarts de 19h a 10h du mat. Durée des quarts 3h. Quand il a fallu barrer les quarts ont été ramenés à 2 h.



Deux nuits passées à la Barbade, avec promenades à terre, bains autour du bateau, nettoyage de la carene... Puis c'est la traversée pour la martinique. Du vent, de la pluie. Le bateau marche vite, mais se trouve travers au vent et au vagues, ce n'est pas confortable et barrer est fatiguant. Mais cela ne dure que 20heures pour arriver au mouillage de Ste Anne, que nous quittons apres une bon bain, un bon repas a terre et une bonne sieste réparatrice de la nuit de navigation.



Arrivée au port du cul de sac du marin. Ici c'est un peu l'usine à charter de catamaran. Un peu déprimant. Je retrouve des amis qui étaient aux cap vert et sont partis 2 jours avant moi. Eux ils ont cassé le mât. Ils ont pu rejoindre la martinique sous gréément de fortune. En fait chaque bateau a eu ses problèmes plus ou moins importants. J'attends Marie Jo et Michel, Chantal et Luc, Gerald qui devraient bientot arriver.



Il y a pas mal de choses a faire sur le bateau. Cela va m'occuper jusqu'a l'arrivée de Noelle en fin d'année. Bonne fête de fin d'année.

A bientôt. Daniel



PS : J'ai mis quelques videos en ligne qui montrent l'ambiance du bord http://www.youtube.com/watch?v=ACf8NoE9X7o http://www.youtube.com/watch?v=hKvBClDEKjk http://www.youtube.com/watch?v=57whAdkLmB0 http://www.youtube.com/watch?v=wBMdbB4nGhw

De Dakar au Cap Vert

Mindelo 14 Novembre 2009

La suite du voyage de NUAGES :

Dakar, même si je connaissais déjà, c'est quand même toujours le choc de l'Afrique noire. D'abord la misère partout dans la rue. Depuis 14 ans, je ne vois pas de changement sinon les téléphones portables. Gamins mendiants en haillons, handicapés qui traversent les rues à quatre pattes, SDF et/ou malades alongés à même la rue qui ne mendient même plus et sont assoupis (mourants ?) .. Les odeurs imprégnantes de poissons séchés, fumés, pourris, mélangées à des odeurs d'égouts ... Les couleurs, d'abord des pirogues puis des boubous des femmes... Les harcèlements des vendeurs de souvenirs qui se disent eux-mêmes collants comme des mouches mais pas agressifs comme les moustiques ... Les bruits de voitures, des cris ... L'élégance et la beauté des femmes ... (et sans doute des hommes aussi..) La polution de l'air due aux voitures mal réglées, à la poussière des rues ... La polution de la plage et de la mer transformés en poubelle et en égout ... La vie grouillante, souriante, bousculante, accueillante, fatigante dans les marchés ... Je suis content d'être à nouveau là. Je ne fais pas de photo dans dakar. j'aime me promener sans être pris pour un voyeur, passer le plus inapecu, essayer de ne pas géner.. Le cercle de voile de Dakar, où est mouillé le bateau est un havre de calme. Mais c'est un endroit pour voileux blancs. Les installations y sont simples, mais c'est agréable de boire une bière bien fraiche (surtout que le frigo du bateau a rendu l'ame) assis sous les arbres face au mouillage.

Mais pas question de se baigner. Un jour une petite frayeur : en revenant de la ville je vois que le bateau avait chassé sur son ancre. Ce jour là il y avait eu un peu plus de vent ... Je ne sais comment mais en chassant le bateau a évité cinq ou 6 bateaux sur sa trajectoire et s'est arrété avant de talonner. On rejoint vite le bord pour aller remouiller. En remontant l'ancre je remonte aussi un grand sac dans lequel l'ancre avait été prise, ce qui explique que le bateau ait chassé. Il faut dire que l'eau est tellement sale que même avec seulement 3m d'eau on ne voit pas le fond, et on ne peut se baigner pour vérifier l'ancrage Au CVD on rencontre des voyageurs comme nous. Certains se retrouvent scotchés là plusieurs années. Pas mal de bateaux en train de pourrir qui auront du mal à repartir. Chacun son histoire, ses envies .. Le marché aux poissons à côté de CVD est haut en couleurs, odeurs ...                                Les couleurs des levers de soleil sont magnifiques. J'aime me lever tôt le matin (René lui est un gros dormeur). Je reste assis dans le cockpit avec un livre et la frontale à contempler le jour se lever,                                faire un signe de bonjour aux petites pirogues qui vont ou reviennent de la pêche.                                Certaines sont vraiment petites menées par des vieux avec les pagaies.                               J'admire les vols d'espèces de canards-cormorans allant vers le Nord le matin (vers le sud le soir) formant des V parfaits dans un ciel flamboyant..

Plusieurs africains nous demandent de les emmener en voilier pour la France ou la martinique ou le Cap Vert. Il y a quelque chose de terrible de penser qu'il y a 400 ans on les forcait à partir et qu'aujourd'hui ils nous supplient ...

Aprés une semaine, départ le 31 octobre vers les iles du cap vert à 350 miles de Dakar. Aprés une heure de moteur, nous touchons 20 noeuds de vent nord-est. Le bateau marche bien. Bien après avoir perdu de vue les côtes nous apercevons une dernière pirogue qui parait bien petite dans cette mer avec le vent qui se lève. Nous sommes un peu brassés par la houle de travers avant, et nos estomacs ne réclament pas beaucoup de nourriture . Sur ce trajet nous apercevrons un seul cargo. Notre pêche sera bredouille. Au matin de la deuxième nuit festival de poissons volants, de vol de puffin et de sauts de bonites. Les bonites chassent les poissons volqnts qui pour échapper à leur prédateur se mettent à voler au desus des vagues, mais les puffins les attendent ....



On s'approche. On devrait voir la terre mais rien ne se profile. Je vérifie avec le radar que le GPS ne s'est pas trompé. c'est finalement à 3 miles qu'on apercoit l'ile de SAL. Nous arrivons à la tombée de la nuit pour mouiller à santa Maria (pointe sud de l'ile). Belle navigation de 2 jours et 8 heures. Comme à Dakar c'est le lendemain matin que l'on découvre ce qui nous entoure : d'abord une eau émeraude trés claire : on voit le fond à 6m, de grandes plages avec des hotels (bof). Le bain est bien agréable dans cette eau transparente à 26°. Promenade à terre. Contraste frappant avec Dakar : on ne voit pas de misère même si c'est pauvre. Les rues sont pavées, propres. L'ambiance est agréable. On a plaisir à flaner.                                                               Par contre il y a beaucoup de touristes. SAL est une ile plate, aride qui doit son nom à des salines, elle possède le premier aéroport international du Cap vert et de belles plages. C'est l'ile la plus touristique (grands complexes d'hotels et de résidences) mais pas la plus intéressante. Nous passons deux nuits, puis allons au mouillage à Palmeira, pour faire notre entrée officielle (immigration et police maritime) au Cap-Vert. Formalités vite expédiées dans des commissariats où les policiers jouent aux cartes pour s'occuper. J'ai bien aimé l'ambiance de Palmeira. Petit port de pêche et de commerce, avec un petit village alentour, rues pavées, gains qui jouent dans les rues, les chiens allongés passent leur temps en sieste..

On peut se promener sans etre abordés d'aucune manière.. C'est reposant. Un petit bar sur le bord, diffuse la musique capverdienne trés appréciée des locaux et de moi.                                Nous allons souvent à Espargos pour surfer sur internet, manger. Espargos est la "capitale" de l'ile. Petite ville sans effort sur l'architecture, mais trés agréable pour y flaner, boire une bière, avec un tout petit marché. Les gens vivent moitié chez eux moitié dans la rue. Il y a même du wifi sur la petite place. On y voit des jeunes avec leur PC, en général à 2 ou 3 par PC. Nous visitons la saline située dans un cratère. Tres spectaculaire. Je fais une longue balade dans des décors de désert à moitié lunaire... Nous rencontrons Toni, un navigateur solitaire, qui a déjà un tour du monde derrière lui, et des éclats de rire communicatifs. Là il repart à 68 ans, mais il ne sait pas où il va. Il n'a plus vraiment de but: un jour il nous parle des Christmas island dans l'océan indien, le lendemain de Saint Hélène, puis des antilles et y vendre son bateau .. Peut-être serait-il temps de t'arréter Toni. En tous les cas bon vent et sois prudent.. Je garderai de Palmeira le souvenir des sourires, l'ambiance paisible et tranquille.                                Puis c'est le départ le 8 novembre à 15h30 vers l'ile de Sao Nicolau distante 120 miles. Vers 1 heure du matin en prenant mon quart j'observe que le phare de la pointe Est de l'ile ne marche pas. A 4h je m'apercois que le phare de la pointe Sud ne marche pas non plus.. Heureusement que le GPS est là. Le matin je vois successivement 2 ailerons en enfilade d'un requin, puis une énorme raie qui fait 2 bonds hors de l'eau, puis de groupes de globicéphales. Par contre pour la pêche on est bredouille de bredouille... Vers 9 heures nous arrivons sur Tarafal le port de Sao Nicolau. L'ile est montagneuse et trés verte. Nous mouillons au pied de jolis canyons qui descendent du sommet de l'ile le Monto Gordo (1300m). C'est magnifique.                                Taxi collectif pour aller à la capitale (Rbeira brava). Les paysages sont magnifiques : désertiques mais verts en face sud, cultivés (mais, bananes, manioc café) en face nord, mais des pluies catastrophiques à l'automne ont emporté par endroit route et plantation. Ces pluies expliquent pourquoi l'ile est verte même coté Sud. A Sao Nicolau nous montons au Monto Gordo à partir de Cachaço. Je ferai une trés jolie balade : Praia Branca/Fragata/ribeira da Prata, Prai Branca. On part de paysage désertique puis on monte dans des petites plantation, on arrive à un trés joli col (les sentiers sont en général pavé mais trés trés raides!) de l'autre côté du col on voit des villages à flanc de montagnes accessibles seulement par ces sentiers. Trés jolie rencontre au col d'une femme portant un baluchon d'herbe sur la tête, pied nus et portant ses chaussures à la main, elle monte depuis un des villages, elles s'arrete tous les cinq pas. Elle m'avoue avoir 72 ans ! Un beau sourire et un échange de "Bom Viage", et nous continuons nos chemins en sens inverses ..

Jolie descente. Les jeunes des villages refont les sentiers emportés par les pluies. Les filles portent les pavés sur leur tête, les garcons les taillent et les placent sur le chemins. rencontre avec Erlinda, institutrice dans la crêche, qui trouve que la vie est bien dure sans électricité ni eau courante et qui me demande quand je repasserai .. Les gamins de la crêche courrent pour rentrer chez eux ... Ces villages me font penser aux villages du cirque de maffat à la Reunion. Sur les conseils de Toni, l'anglais rencontré à Palmeira, je fais la descente de Cachaço à Ribeira de Brava. Jolie descente dans les plantations de maisau son des cris des coqs qui s'interpellent les uns les autres. J'ai eu beaucoup de plaisir à découvrir cette ile aux paysages si variés et ses habitants accueillants

Le 13 novembre nous quittons Sao Nicolau pour Sao Vicente (distante d'une petite cinquantaine de miles. C'est une des plus belles journées de navigation. Nous quittons tarafal à 7 h avec un bon vent de travers (nous prenons même un ris).                                Nous longeons les ilots Razot, Branco, l'ile de Santa Luzia et enfin Sao Vicente, superbes depuis la mer.

Nous arrivons à Mindelo. J'ai choisi d'aller à la nouvelle Marina, car je compte laisser le bateau ici au moins une semaine pour aller marcher dans l'ile voisine Santo Antao. La baie de Mindelo est très belle, offrant un bel abri dans lequel une quarantaine de bateaux (voiliers ou petits caboteurs en fin de vie) sont mouillés. Mindelo est notre dernière étape avant la traversée. Comme mon copain Claude le dit en montagne quand il y a du vide : la marche est haute, maintenant je me dis la marche est longue : Presque 4000 km pour rejoindre les antilles .. Mais chaque chose en son temps ..... Bisous. Daniel

De Tenerife à Dakar

Dakar le 27 octobre 2009

Voila quelques nouvelles après une longue interruption.



Après être arrivé à tenerife, Noelle m'y a rejoint, et nous avons passé deux semaines à visiter l'ile et avons un tout petit peu navigué pour aller dans un joli mouillage (Baia antequera) mais un peu rouleur à notre gré. Nous avons fait plusieurs très belles balades à pied en particulier le barroco de Masca (canyon qui descend jusqu'à la mer dans des paysages très impressionnant, dans lesquels les anciens avaient construit des terrasses pour les cultures), dans la pointe nord l'Anaga (sentier en corniche dominant la mer et qui passent dans des hameaux loin de tout). Les paysages du volcan El Teide sont grandioses : immensité, montagne désertique. El Teide La route passe sur des coulées de lave de différentes couleurs et quoique vielles (plus de 200 ans) ont croit qu'elles ont quelques mois. La vue depuis El Teide (3718m) est magnifique. on y apercoit les iles voisines (gran Canaria, La Gomera, La Palma). Montee au Teide Montee au Teide Paysage Teide

Noelle au Teide



Noelle partie, je m'occupe de faire réparer mon moteur tout neuf, mais mal installé à Loctudy. Je fais des recherches pour trouver un équipier pour continuer. Noelle met son veto à l'embarquement d'une équipière de trente ans ! Je mets donc une annonce sur internet, et recois une dizaine de réponse. Mon choix sera sur René, retraité, qui a déjà pas mal navigué en solo en méditerrannée, et qui est très disponible. Je rencontre deux jeunes ivoiriens qui ont rejoint tenerife sur une pirogue depuis la Mauritanie. Quand ils racontent leur voyage cela relativise celui que j'étais fier d'avoir fait jusqu'ici. Eux ils devaient écoper jours et nuit, ils étaient paniqués surtout la nuit, 6 sont morts de soif de froid ....



Je rentre près de trois semaines en france, pour embrasser la famille, voir des amis (malheureusement pas eu le temps de tous les voir), faire quelques balades dans des montagnes vertes,                                faire du babbysiting pour Aristide.



De retour à tenerife, je retrouve plusieurs bateaux aperçu dans les ports précédents. C'est souvent apéro chez l'un, puis chez l'autre. On y parle de nos prochaines escales. Je fais deux autres balades à pied dont la traversée de l'Anaga de la pointe Hidalgo à Santa Cruz.                                Je commence à bien connaitre le centre de Santa Cruz et suis connu et reconnu dans les bars et cyber... J'ai beaucoup aimé Santa Cruz (peu touristique en regard du Sud, mais trés vivant, alliant modernité mais avec sa différence). La bibliothèque est un batiment superbe, de la rue on y apercoit en contrebas, les rayonnage et les personnes travaillant sur les documents.



René mon équipier arrive. Nous faisons le plein de vivres, d'eau, de Gas oil. Pour ce qui est de la nourriture, nous faisons un maximum, car nous ne comptons pas faire trop de course à Dakar ou au Cap vert si ce n'est des fruits. Nous sommes prêts à partir. Mais Eole n'est pas prêt. En effet il n'y a pas beaucoup de vent. Nous attendons plusieurs jours et nous décidons à partir le dimanche 18 octobre. Les jours avant le départ c'est toujours le même stress. surtout que cette fois, nous partons pour une navigation de 6 jours minimum, 9 jours maximum (si maximum il peut y avoir) pour arriver à Dakar. Une fois les amarres larguées, le vent est excellent en direction et force. Cela fait plaisir de retrouver un bateau qui marche bien. Nous organisons des quarts de 3 heures entre 19h et 10h du matin. Cela permet de dormir par tranche de 3 heures d'affilé, ce qui est un luxe par rapport à la navigation en solitaire. Dès la deuxième journée le vent a tendance à tomber. Ce qui n'est pas bon pour le moral car j'espérais terminer en 6 jours cette navigation. Nous faisons quelques heures de moteur. Le moteur a un raté. Je vais à l'eau avec palme et tuba et trouve un gros sac en plastique sur le gouvernail: plus de peur que de mal.. Après 4 jours de navigation, je rentre vraiment dans cette navigation, et ne me préoccupe plus de savoir si on mettra 7 ou 8 jours ou même neuf. Tant que l'on a de l'eau de la nourriture, pourquoi se presser ... En général le vent force un peu la nuit et tombe vers midi.



Il y a pas mal de trafic de cargo à surveiller...



Le nuits sont sans lune. Le ciel est magnifique, et nous apercevons beaucoup d'étoiles filante. de plus il y a certaines nuits beaucoup de plancton qui agité donne naissance à des miliers d'étoiles dans l'étrave et le sillage. On dirait des voies lactées. Sentir son bateau bien avancer dans la nuit noire et n'apercevoir qu'étoiles dans le ciel et écume des vagues, c'est vraiment une sensation de bonheur en espérant qu'il n'y a pas un obstacle devant. Je suis toujours de quart au lever du soleil: c'est magique la fin de nuit et de redécouvrir les couleurs du ciel et de la mer. C'est un moment de grande pleinitude.



les dauphins nous tiennent souvent compagnie de nuit comme de jour. Nous apercevons 2 tortues, une bande d'orque est venue nous voir de près. Beaucoup de poissons volants essayent d'échapper à des proies qui nous sont invisibles. Un rebondit sur la capote avant de replonger.



Nous péchons une daurade coryphène et une bonite (auusi vite prises, aussi vite cuisinées).                                Un grosse prise casse le fil de la ligne ...



Finalement dans la septieme nuit nous apercevons les lueurs de Dakar. Nous en sommes encore à 150 km. Le dimanche 25 vers 14h nous apercevons la terre. En approchant nous voyons les premières pirogues de pécheurs. Une nous hèle pour nous demander de l'eau. Il est en train de pécher de l'espadon.                                Nous faisons le tour du cap vert, et n'avons pas le temps d'arriver à notre destination finale avant la nuit. Nous décidons donc de mouiller dans une petite anse juste avant l'ile de Goré. Nous mouillons à la limite de la nuit à une centaine de mètres de la côte. Il fait chaud et humide. Nous sommes contents d'être là. Nous entendons les muezzins et de la musique Africaine, mais ne voyons que des lumières. Nous nous couchons avec la hâte de découvrir ce qui nous entoure et est encore mystérieux malgré la proximité. le matin nous découvrons que nous sommes devant des cabanes de pécheurs et leurs pirogues tirées sur la plage. Nous repartons, faisons le tour de l'ile de Goré, pour rejoindre le mouillage du CVD (cercle de voile de Dakar). Il ya une vingtaine de bateaux mouillés. Certains à l'abandon, 2 coulés, et une dizaines occupés par des voyageurs. Nous mouillons par 4m de fond, au milieu des autres voiliers



Le passeur nous amène à terre. C'est une plage avec des villages de pécheurs et des pirogues La première chose faite sera la douche. le reste sera raconté plus tard.



Je suis content d'avoir rejoint l'Afrique en bateau. Je suis heureux d'être là.



Bisous.

De Porto santo à Tenerife

Tenerife le 15 août 2009

La suite du voyage de Nuages A Porto Santo nous restons quelques jours. Porto Santo étant une ile relativement plate, elle ne retient pas les nuages. C'est donc une ile au relief trés aride. Le sommet culminant est à 516m d'altitude Sébastien et Lionel louent des bicyclettes pour faire le tour de l'ile. Moi je passe mon temps au téléphone et sur internet, pour trouver une bome et la faire expédier. Cela prendra quelques jours et la bome arrivera sur Madère.

Vila Baleira est un petit village aux maisons blanchies à la chaux, aux petites rues, aux palmiers, bougainvilliers et cactées. Beaucoup de touristes. Il y a une belle plage de sable blanc (chose inexistante sur Madère). Un gros ferry fait la navette une fois par jour entre madère et porto Santo. Sur les pontons nous faisons connaissance avec nos voisins. Des Francais, Anglais, Allemands. J´en reverrai sur Madere. Avec le gars du chantier nous remettons le mat en place. Nous passons une nuit au mouillage et aprécions de pouvoir se baigner dans une eau si claire et à la température si agréable. A cette occasion Lionel et Sébastien enlève un bout qui s'est pris dans l'arbre d'hélice et a endommagé la bague hydrolube. La pêche au mouillage ne nous a pas nourris ... Comme précisé dans les guides, le mouillage est rouleur, mais n'a pas empéché Lionel de dormir. Le 25 juillet départ de porto Santo pour aller à Madère. Dans le port nous devons faire demitour pour laisser entre le Ferry (on ne peut pas se croiser dans l´entrée du port.. C'est une navigation agréable de 5h30 sous génois (la bome n'est pas encore remplacée) qui nous mène à Madère.

En arrivant nous longeons un trés beau cap désertique et apercevons des marcheurs, petits points se déplacant sur les sentiers paraissant escarpés.

MadereDesert1

MadereDesert2 Nous nous arrêtons au port de Quinta Do Lorde. Nous sommes un peu décus car on y est loin de tout, mais le cadre est impressionnant avec des falaises rouges. Nous apercevons la partie de l'ile couverte de végétation, mais une bonne partie est dans les nuages donnant une ambiance montagne. Madère dont le sommet culminant le Pico ruivo est à 1800 m, arrête les nuages et reçoit beaucoup de précipitations. C'est pourquoi, à l'inverse de Porto Santo, il y a beaucoup de végétation en particulier on y voit beaucoup de bananiers.



Nous prenons le bus pour Funchal. Nous visitons le marché et aprécions les fleurs, mais surtout les fruits : fruits de la passion (certains croisé avec orange citron ou tomate) mangues, bananes,banane-ananas). fruitdelapassion Nous y voyons aussi le poissons espada ((qui n'est pas l'espadon mais le poisson sabre). Il est impressionnant par sa longueur (prés de deux mètres) sa peau noir, ses gros yeux et sa dentition impressionnantes. Nous y sentons l'odeur de bacalahau (morue) séchée. J'en profite pour aller chez le coiffeur, et retour en car. Chezlecoiffeur Dans ce car on se fait secouer sur les petites routes toutes en virages avec des ravins impressionnats et de longs tunnels. Il faut dire que sur Madère il n'y a pas de terrain plats. La piste de l'aéroport est soit en remblai soit en pilotis. Nous allons passer une nuit au mouillage dans la Baia d'abra: tout à côté du port, c'est un endroit très sauvage. MouillageMadere Baignade et pêche d'un petit maquereau bien aprécié à l'apéro (bravo sébastien). Nous louons une voiture pour visiter la cote Nord. Nous en profitons pour marcher le long d'une Levada. Ce sont des canaux qui drainent l'eau de la montagne pour permettre l'irrigation des champs. Il y en a beaucoup, ont été construits (souvents dans des tunnels) il y a plusieurs siècles. Beaucoup de randonnées se font le long de ces Levadas. lavela Nous en profitons aussi pour monter au sommet culminant avec un joli point de vue sur les 2 côtés de l'ile. Nous avons été impressionnés par la beauté de la côte Nord. C'est un relief trés toumentés avec des ravins trés abruptes. Il y a beaucoup de fleurs (en particulier les murs d'agapantes le long de la route), des points de vues sur la mer, et ces rempats. Pa certains côté cela rappelle la Réunion, mais encore en plustourmentés. Il a fallu dire au revoir aux garçons. Je ne sais pas si eux étaient contents, mais moi je les ai bien apréciés (en particulier quand le pilote automatique est tombé en panne). Aprés formalités de douanes, je récupère ma bonne, et avec l'aide d'un voisin de ponton je l'installe. Je fais sortir le bateau de l'eau ( à Canical) pour changer la bague hydrolube et un boulon de quille. Sortir un bateau est toujours une opération délicate de remonter les 6 tonnes tenues par deux élingues qu'il faut bien positionnées. ici ils envoient quelqu'un dans l'eau avec masque et tuba pour bien placer les élingues. Je profite que le bateau est au sec pour refaire faire propre le bas de la jupe du bateau qui était bien abimée. Canical était un port de pêche à la baleine, avant de devenir le port commercial de Madère. J'y rencontre un des derniers pêcheurs de baleine. Pecheur de baleine II a pratiqué la pêche (il devait être trés jeune) pendant 2 ans avant qu'elle soit suspendue. Maintenant il fait des petites sculptures dans des os ou des dents de baleine. Sculture en os de baleine

Avec les voisins de ponton on se retrouve souvent le soir pour l'apéro chez les uns ou les autres, ou pour la petite mousse au bar. On parle évidement bateau, voyage ... Nous sommes trois bateau à aller sur les Canaries. En recoupant les données fournies par un routeur professionnel pour un couple de méditerranéens, et les fichiers météo consultés sur internet, nous décidons tous de partir le mardi à 10h. Nous nous retrouvons à la sortie du port et nous disons au revoir, car si eux aussi vont aux Canaries, ils vont sur l'ile de Graciosa (complètement à l'est), moi je vais sur Tenerife pour y cueillir Noelle. Je prends donc une route plus Sud me faisant passer à l'ouest des iles Desetas et plus tard des iles salvagens. (j'entendrais dans la soirée des brides de conversations VHF que se passent les deux autres bateau, mais ils ne m'entendent pas). Le vent est idéal en direction et en force. Le bateau marche bien. Trop bien car à cette allure j'arriverai de nuit et cela je ne préfère pas mais c'est tellement agréable de sentir son bateau bien marcher! Finalement le vent faiblit. Je finis à la grand voile et trinquette car la drisse de génois se casse. Avec le réveil de cuisine donné par Marie, voisine de ponton (le mien ayant plu à mon rodeur de Loctudy), je me réveille toutes les 20 mn pour faire un tour d'horizon. Après la première nuit cela m'a donné la migraine. Aprés la deuxième cela allait mieux, comme quoi on s'habitue à tout. Comme indiqué dans les guides il y a de fortes accélérations de vent aux extrémités des iles. Il faut dire que sur Tenerife se trouve le sommet culminant de l'Espagne à 3700m. J'apercois ce sommet en longeant la cote Est de l'ile. Aprés contact VHF je m'arrête à la Marina del Atlantico, devant le centre ville de Tenerife. Je mets donc prés de 2 jours pour cette traversée. En 48 h je n'ai vu qu'un cargo, une tortue, une nageoire que je suppose de baleine vue la largeur de l'écume verte dessous, et quelques oiseaux. Noelle arrive dans trois jours. Nous allons faire du tourisme sur les canaries. Je pense laisser le bateau dans un port une partie du mois de Septembre et rentrer en France, voir et embrasser la famille, et se balader dans des montagnes avec de l´herbe. Aprés, je ne sais pas encore.. Bisous à tous Daniel PS2 : Pour la suite je pense peut-être prendre des équipiers. Si le coeur vous en dit .......

De La Corogne à Porto Santo

Porto Santo le 23 juillet 2009

La suite du voyage de Nuages.

A la Corogne le poulpo galligea et autres tapas ont été à la hauteur de mes souvenirs; La ville est agréable, beaucoup de gens dans la rue, mélangeant harmonieusementl es générations, jusque tard le soir. Depuis le front de mer avec les immeubles aux loggias en verres, jusqu'aux petites ruelles avec les terrasses de cafés, en passant par la grande place, c'est des gamins qui s'amusent dans la rue, des parents qui discutent entre eux, des personnes agées qui regardent tout cela avec nostalgie ... Le dimanche les vents sont dans le nez. Le lundi c'est un peu meilleur pour les vents, mais au matin il pleut. C'est plutôt un crachin breton avec un ciel trés bas. Je n'aurais pas eu le rendez vous avec Sébastien, je ne partais pas. C'est donc sous la pluie que je largue les amarres, pour faire de l'ouest, avec le vent de face.

DepartDeLaCorogne Trés peu de visibilité. Un bateau francais appelle à la VHF car il est en panne de moteur et va rentrer sur la Corogne. Je lui explique que j'étais exactement dans sa situation l'année dernière, et l'ai rassuré sur ce qu'il devait faire. Dès que je peux mettre un peu de sud dans mon cap le bateau se met à bien marcher à la voile. Au niveau du Cap finisterre que je passe vers 21h, il fait beau et j'alterne, moteur et voile au gré des humeurs du vent qui ne se décide pas à s'installer vraiment. Devant Finisterre

Ensuite c'est la descente plein sud. La nuit je ne dors pas beaucoup car beaucoup de bateaux de pêche demandent une veille permanente. En effet, les mouvements des bateaux de pêche sont un peu erratiques, ils peuvent faire demi tour brusquement . De plus ils ont des éclairages puissants qui empêchent de voir leurs feux tricolores qui donnent indication de leur trajectoire. Je passe devant les îles de Cies que je m'étais promis de visiter. Mais avec les retards du chantier, je n'ai plus le temps. La prochaine fois .. peut-etre... Dans la journée de lundi 13 c'est alternance de moteur et de voile par un temps calme et lumineux que je descends toujours au Sud. La nuit suivante, je ne dors que trés peu à cause des pécheurs . Je pense voir un filet dérivant d'au moins deux milles de long. Je dois me détourner 3 fois. Je commence à avoir vraiment sommeil : Je m'endors devant le radar. Dans la journée toujours pas mal de dauphins. Je lis beaucoup (en particulier "les Disparus" de Daniel Mendhelson), je somnole, j'apprécie ce temps qui passe à son rythme, qui ne ressemble pas à celui du terrien ... A 20 h je passe le cabo Roca qui est le cap le plus à l'ouest du continent Européen. Cabo Rocca Il faut faire trés attention aux petites marques des filets. Et ce qui devait arriver arrive : Je touche une de ces bouées je stoppe immédiatement le moteur. Je remarque que ma barre est bloquée. La procédure voudrait qu'un équipier se mette à l'eau et inspecte hélice et gouvernail. Or je suis tout seul et trop fatigué pour me mettre à l'eau. Je lance un appel "Pan Pan" sur la VHF pour demander assistance. pendant mon appel je m'apercois que ce qui bloque ma barre est le pilote automatique chose tout à fait normale ! Je pense que je manquai trop de sommeil pour ne pas avoir pensé au su pilote. J'annule donc mon appel à assistance. et continue ma route vers le port de Cascais tout proche (banlieue balnéaire de Lisbonne). Un bateau de sauvetage me rejoint et m'escorte jusqu'au port où j'aurai droit à l'accueil de la policia maritima, alors que j'ai surtout envie de me mettre sous la couette .. Enfin je suis arrivé au lieu de rendez-vous et à l'heure.

Le mercredi attente vaine d'un mécano qui doit faire la révision obligatoire des 100 heures du moteur. Arrivée de Lionel, puis de Sébastien. C'est bien sympa d'avoir du monde (et en plus des jeunes) à bord. Je rencontre sur le port Jean-Luc qui est propriétaire du même bateau que moi. Nous correspondions depuis au moins 3 ans par mail car nous avions les mêmes projets. Jean Louis est parti l'année dernière. Je n'avais plus de ses nouvelles et me demandais ce qu'il evenait. Il rentrait de Madère et attendait des équipiers pour remonter en Bretagne. Avec Jean-Luc et mes jeunes nous avons passé une soirée sympa dans un petit restaurant à manger des sardines ou de la dorades, à parler bateau, voyage et autres.. Autre rencontre sympa : Un couple espagnol relativement agé (autour de 65 ans chacun) navigant sur un bateau de la taille du notre. Ils étaient partis de Bilbao et allaient en Italie. Aprés avoir passé Gibraltar et s'être arrétés à Malaga, leur fille leur téléphone en disant qu'elle se mariait le 8 août! Ils font donc demi-tour, repasse Gibraltar. A Cascais ils attendaient patiemment que le vent du nord s'arrête pour pouvoir remonter vers la Galice et être à Bilbao à l'heure pour le mariage !! Visiblement la dame avait besoin de parler. Le jeudi attente toujours vaine du mécano. De toute facon le vent est trop fort pour démarrer notre traversée vers Madère. Sébastien et Lionel tente un bain sur la plage, mais l'eau est trop froide. Ils prennent leur habitude de la bière à un euro sur une petite terrasse dans Cascais... Vendredi le mécano est passé. Nous sortons dans la baie pour teser équipage et matériel : le vent dans les rafale souffle à plus de 35 noeuds mais a mer est plate dans la baie. Nous décidons de partir le samedi, sachant qu'il restera du vent assez fort et une mer plus qu'agitée. Par contre cela devrait s'améliorer dans la nuit de samedi ensuite cela devrait être tout bon sauf un peu de vent tournant au sud ouest si nous ne sommes pas assez rapides... Au départ c'est beau temps peu de vent, Dès que l'on sort de la baie le vent monte. C'est un ris, puis 2 ris avec du génois enroulé, puis finalement c'est avec la grand voile affalée que nous continuons. Lionel et Sebastien Le vent reste établi plusieurs heures à 35 noeuds. La mer est trés forte de trois quart derrière, avec quelques déferlantes. Il fait très beau. Le spectacle est grandiose : la mer toute blanche, ou toute argentée du côté du soleil, le bruit du vent qui siffle dans les hautbans, et des vagues qui déferlent. Pour Lionel le baptême est magistral. Sébastien et Lionel se mettent un patch de scopoderm. Je préfère barrer que mettre le pilote. Finalement je vais barrer 12 heures d'affilé jusqu'à 2heures du matin. Lionel n'est pas rassuré, mais me tient compagnie dans le cockpit. Sébastien en profite pour se reposer sur une couchette (il retrouvera son patch dans son T-shirt). La nuit c'est finalement moin impressionnant, car on ne voit pas les vagues !! On les entend déferler derrière et pousser le bateau Le bateau part au lof 2 fois, mais ne se couche pas trop. Vers 2 heure du matin le dimanche, le vent se calme et reste à 25 noeuds. Je mets le pilote et peut un peu me détendre. Le bateau a marché super bien, pointes à plus de 10 noeuds au GPS et plus de 11 noeuds au speedo. En 24 heures Cascais est déjà derrière nous à 167 miles en ligne directe soit 7 noeuds de moyenne (179 miles d'après le speedo) . Dans la journée de dimanche c'est une navigation idéale vent entre 15 et 20 noeuds. Le bateau marche bien mais un peu moins vite que la veille. Notre pilote automatique tombe en panne et nous demandera de constament barrer. De plus dans un empannage du à la houle et malgré (ou à cause ?) le frein de bome, la bome se casse net. La Bome Nous continuerons donc jusqu'au bout sous génois seul, en rajoutant un peu de moteur dans les dernières heures pour compenser le manque de grand voile. Les deux autres nuits, Lionel et sébastient prennent le premier quart de 10h à 2 h du matin, je prends ensuite de 2h à 6 ou 7h. Nous avons croisé des cargos le pemier jour, et passerons plus de 24 heures sans en revoir. La première nuit nous avons dépassé un autre voilier (nous n'en avons vu que les lumières), que nous avons perdu de vue. Nous avons apercu quelques dauphins (mais moins qu'attendu) et 2 tortues. Nous avons péché une bonite ( aussitot cuisinée en papillotte au four avec jus de citron huile d'olive, tomates, oignons sel et poivre) un régal ... Nous avons perdu 3 bas de lignes (prise trop grosses ?) Mardi vers 14h nous apercevons la terre : les sommets de Porto Santo. Arrivée sur Porto Santo

Il nous reste une cinquantaine de miles. Nous arrivons au port de porto santo à la tombée de la nuit. le bateau est amarré à 22h. Voila la traversée est terminée aprés 82 h de mer. La nuit sera bonne et calme. Mercredi nous nettoyons le bateau, réparons le pilote : une goupille avait sauté. Il faudra le tester. Je prends contact avec le chantier nautique local pour plusieurs problèmes: -La bome à remplacer -En mer je me suis apercu que le pied de mat a été mal positionné (par le chantier de Loctudy !!) dans son emplacement -un peu d'eau entre dans la jupe par des vis d'un caoutchou de protection ou par les vis de l'échelle et mouille ma couchette Ici sur la digue du port, les équipages laissent sur la digue une peinture trace de leur passage : Je trouve la trace du bateau boisbarbu (un couple degrenoblois qui a le même bateau que le notre et qui est passé ici au moins de juillet), et la trace de "Duchesse d'Angoulème" un bateau de Loctudy passé ici en 97. Ce bateau a disparu depuis en mer en bretagne avec son nouvel équipage ... Les prochains jours nous irons sur Madère. Je reviendrai à porto santo pour ma bome et repositionnement du pied de mat. Bises à tous et à bientôt. Sébastien, Lionel et Daniel sur Nuages

Nuages repart : Descente sur La Corogne

La Corogne 11 juillet 2009

Ca y est, "Nuages" est reparti.



Cette fois c'est ma maison, l'itinéraire n'est pas défini, cela dépendra du vent, de mes envies et de mes capacités.



La préparation du bateau a été plus longue que prévue. Il faut dire que j'ai fait faire pas mal de travaux: en particulier changement de moteur, du gréément dormant (haubans ou cables qui tiennent le mât), passes coque, vannes et autres. De plus, du matériel a été volé et a du être remplacé ...



Bref initialement je prévoyais un départ, mi mai, puis mi juin, puis fin juin...



En attendant le vrai départ, sorties avec Noelle, Mathilde et Rodrigo en juin pour roder le moteur et faire quelques essais. LesGlenan Nous avons profité du trés beau temps pour aller aux Glénan (s'écrit bien sans le s à la fin), ile de Groix .. Nous avons fait une belle pêche au filet : un bar, une sole des araignées.



Quelques travaux encore sur le moteur, l'expertise pour le vol.. . Tout cela prend du temps ...



Je voulais faire une navigation sans contrainte de temps. Et voilà que je me retrouve avec un rendez-vous le 15 juillet à Lisbonne pour embarquer Sébastien et son copain Lionel. Le temps passant, cela commence à mettre la presion.



Plusieurs départs reportés pour cause de météo et aussi de branchement électrique du moteur à reprendre. Mes amis Jacqueline et Joël ont la surprise de me revoir dans leur magasin, il me croyait en train d'affronter le mauvais temps ! Mardi 7 le mécano a passé encore sa journée à bord. La fenêtre météo étant bone le mercredi je décide de partir. Comme le disent mes amis Jean et Evelyne : Etre prêt n'est pas un état, c'est une décision. Car effectivement il y a toujours des petits travaux à faire. Il faut savoir s'arréter et ne pas se trouver des excuses pour ne pas partir.



Larguer les amarres m'a toujours un peu stressé. C'est je pense le moment le plus difficile : peur d'oublier quelque chose d'essentiel, peur de la mauvaise météo, mais surtout peur de l'inconnu. On se pose des tas de questions : est-ce vraiment ce que j'ai envie de faire .....



Quand la meteo est prévue bonne, et que l'essentiel sur le bateau a été fait, il faut y aller sans plus se poser de question.



C'est donc mercredi matin au tout petit jour que je quitte Loctudy endormi. Je ne sais pas quand j'y reviendrai. Superbes lumières et couleurs sur le phare des perdrix. Tout semble se reposer du fort vent de la veille. loctudyAuMatin Les Perdix



Trés vite le vent monte de force 0 à force 4 puis 5. Le bateau marche trés bien avec un vent de travers. Sur les premières 10 heures je fais du 7,5 noeuds de moyenne. A ce rythme j'arriverai vite à La Corogne. J'apercois quelques pécheurs et 2 cargos un peu aprés avoir quitté Loctudy.



Aprés c'est le grand désert de la mer. On ne voit que quelques oiseaux. Puis bientôt plus d'oiseaux. Des groupes de dauphins sont régulièrement venus me tenir compagnie quelques minutes avant de repartir sur leurs trajectoires initiales.



La pleine lune m'a accompagnée pendant les deux nuits en mer.



J'ai dormi par tranche de 20mn, toujours tout habillé, et cette fois ci en gardant même mes lunettes.



Quand le vent tombe, je mets le moeur. Je pense à Bruno qui en ce moment est bloqué par trop de mistral à Porquerolles.

A la fin de la deuxième nuit j'apercois le phare du Cabo Estanca. Il y a alors pas mal de trafic (pécheurs et cargos) qui appelle à la vigililence.

Avec les premières lueurs du jour je vois la côte Espagnole. Je hisse le pavillon de courtoisie de l'Espagne.

ArriveeALaCorogne



Le vent se lève et il y a encore une bonne journée de navigation pour arriver sur La Corogne. L'arrivée est un peu "chaude", le vent souffle à 6 bien établi et il ya une forte mer.



J'hésite à continuer sans m'arréter pour assurer mon rendez vous de Lisbonne et pour profiter du bon vent de Nord Est pour passer le cap Finisterre.. Mais j'aime bien La Corogne et le Pulpo a la gallega.



J'arrive dans le port vendredi 11 à 16 h soit 58 heures de navigation. Je suis content et pas trop fatigué.



J'ai le WiFi à bord (quel luxe). La météo (et les conseils d'Arnaud) me montrent que je ne pourrai repartir que dimanche. Cela sera vraiment juste juste pour le rendez vous de Lisbonne pour le 15 juillet.



Enfin, on verra ...



Bises à tous. Ici il fait beau et chaud, mais pas trop.



Daniel

Nuages repart : Les préparatifs

Ayant décidé de partir vivre un an sur mon bateau NUAGES, je fais faire pas mal de travaux :

  • Etanchéité des hublots fixes du roof panoramique.
  • Changement du moteur par un Nanni 29CV N3.30
  • Traitement curatif d'osmose
  • Pose d'une hélice J-Prop
  • Changement gréément dormant

Je fais aussi les travaux d'entretien et autres

  • Changement des écoutes (merci Yves et Jean-François pour les belles ecoutes bleues de génois), drisses
  • Installation d'un palan sur le portique pour l'annexe, l'homme à la mer et la survie.
  • Installation de filets pour fruits et légumes

Installation d'un feu tricolore et de mouillage à LED en tête de mat.

  • Antifouling
  • Suite à un vol sur le bateau : remplacement de la VHF, VHF portable, téléphone satellite, carte Niavoinics (acheté d'occasion par ebay au Groenland !!), GPS portable ...
  • Compléments de la pharmacie (avec nadia et Noëlle)
  • Plein de livres et de DVD (tous mes CD sont partis dans le vol)

Suite au travaux effectués par le chantier j'aurai par la suite pas mal d'ennuis :

  • Montage électrique du moteur défectueux : Le montage ne tenait pas compte du répartiteur de charge ..
  • Montage du circuit de refroidissement défectueux : Le col de cygne était placé trop bas, ce qui entrainait une entrée d'eau dans le moteur qui avait alors du mal à démarrer.
  • Le travail sur les hublots devait être fait sous hangar, ce qui n'a pas été fait. Le résultat est qu'après deux mois de navigation les hublots fuient à nouveau.
  • Suite au rematage le mat a été mal posé dans son emplacement: au lieu d'être posé dans la ferrure, il la chevauchait. (je m'en suis apercu entre Lisbonne et Madère).
  • Pas de pose d'anode sur l'arbre d'hélice, ce qui a entrainé en 2 mois l'usure à 60% de l'anode d'hélice.





Voilà pour la partie galère.

Autres préparatifs:

Mise en location de mon appartement

Transfert du courrier Pots avec les voisins... Au revoir aux amis, à la famille ... Beaucoup d'émoton. Je ne sais pas encore quel itinéraire, mais l'important est de partir. Quant à la destination cela dépendra de ce dont je me sens capable, des envies, du temps : Méditerranée et Tunisie, ou hivernage aux Canaries (pour apprendre l'espagnol), ou traversée de l'atlantique

Je pars seul le 8 juillet de Loctudy, avec une première contrainte de date : Sébastien et son copain Lionel doivent embarquer le 15 juillet à Lisbonne pour deux semaines.

mardi 15 juillet 2008

De la Corogne à Loctudy (traversée du golf de Gascogne)

Nous sommes arrivés à Loctudy, ce matin (vendredi 22 mai) à 6h30 sur une mer plate et sous un crachin bien breton.



A la Corogne nous avons attendu le créneau de meteo, en discutant avec les bateaux voisins danois et finlandais qui devaient traverser le golf de Gascogne comme nous. Tout le monde se décide pour partir mardi matin. Nous, nous larguons les amarres à 13h avec un petit stress, car les prévisions meteo nous donnent du vent assez fort pour la nuit de mercredi à jeudi avec une mer forte à trés forte, mais cette fois le vent est prévu favorable.Au revoir l'espagne Au revoir l'espagne, farniente
Effectivement les premières 24h se font au moteur sur une mer trés plate, avec grand soleil et pleine lune. A bord c'est lecture, sieste pour prendre du sommeil d'avance. La nuit est tranquille. Nous croisons quelques bateaux, en particulier les cargos se dirigeant vers Bordeaux, Bilbao ...Golf de Gascogne, calme plat

Le mercredi dans l'aprés midi le vent fraichit comme prévu (merci Arnaud). Nous nous équipons, prenons un ris, et en préparation de la nuit nous affalons complètement la grand-voile. Le bateau est un peu chahuté car la mer se creuse (c'est la réputation du golf de gascogne ), et la houle atteint plus de 4 m (les prévisions meteo parlaient d'une mer trés forte).. Le vent souffle force 6 et rafales à 7 toute la nuit. Le bateau va assez vite , avec des pointes à 10 noeuds et plus. Je roule un peu de génois pour améliorer le confort à bord et adoucir les estomacs remués. Par contre dans ce chahut, nous ne croisons plus aucun bateau. Noêlle est décue, car contrairement à ma précédente traversée, nous ne voyons pas de baleine. Au matin le vent tombe, la houle persiste encore une bonne partie de la journée. Nous mettons le moteur et le gardons jusqu'à l'arrivée. Nous assistons à un ballet d'une dizaine de dauphins sous l'étrave et la coque. Ils nous accompagnent un bon moment. La troisième nuit est calme. Prenant son quart en fin de nuit, Noelle s'inquiète de voir autant de lumières de bateaux. En fait c'est déjà les lumières de la côte !! Aux abords des iles des Glénan, nous slalomons entre les chalutiers qui pêchent à la nuit dans le chenal entre l'ile des moutons et les rochers des pourceaux. Nous arrivons à Loctudy avec les premières lueurs du jours et croisons les premiers pécheurs de jour dans le chenal d'acces au port.



Nous amarrons le bateau, savourons le petit déjeuner, puis petit repos.



Volà c'est la fin de ce périple de prés de 2000 miles (3600 kms). Maintenant place aux nouveaux projets.



.



Noelle et Daniel

De Portosin à La Corogne en passant par Camarinas

A Portosin, après avoir réparé le moteur nous louons des vélos pour une virée dans les environs. La ria est très belle. On dirait un peu le Vercors au bord d´un grand lac, avec de belles plages. Il y a des forèts de pins et d´eucalyptus, des petites montagnes. La mer est plate avec des couleurs vertes et bleues. Malheureusement elle est très froide. Une tentative de baignade s´avère infructueuse. Le dimache 8 juin nous reprenons la mer tòt le matin (5h15) par mer calme. Noelle dort une heure malgré le bruit du moteur. Nous passons le cap Finisterre sous la grisaille et le crachin. Cap finisterre Un peu plus loin c´est un grain avec du vent force 6. Toujours au moteur je prends un ris. Puis nous arrètons le moteur et tirons un grand bord vers le large. Le vent et le courant (plus d´un noeud) sont contre nous. Le vent souffle à plus de 20 noeuds: Nous virons pour aller vers la terre et rentrons dans la ria de Camarinas, et finirons l´étape au moteur. Dans la ria le vent souffle à plus de 30 noeuds (soit force 7): L´arrivée est superbe, car il faut suivre successivement deux alignements d´amers pour éviter des hauts fonds. Contents d`arriver après ces 12 heures de navigation. Je prends la décision de ne repartir que quand le vent sera portant. J'ai bien aimé Camarinas,, pays des dentellières, petit port de pêche tranquille, avec de belles couleurs, au fond de la ria. On est ailleurs ...Camarinas, le port

Nous attendrons donc plusieurs jours à Camarinas. Nous profitons d`une journée pour faire un aller retour express à Saint Jacques de Compostelle (en car pour 90 km), pour visiter la cathédrale impressionnante par sa décoration intérieure baroque trés chargée en dorure. SainJacques, Detail cathedrale Saint Jacques est une ville importante reflétant une longue histoire. Nous y avons vu beaucoup de pélerins à pied, en vélo, en car ... Nous avons fait une trés trés jolie balade le long de la mer à pertir de Camarinas, beaucoup de genèts et de bruyères, une mer à faire réver. Camarinas, genet et bruyereNous avons voulu couper le sentier et nous nous sommes retrouvés dans une colline de genèts à gros piquants. Etant en sandales, j´ai du, pour pouvoir continuer, mettre les manches de ma veste comme chaussettes. Noelle avec ses basquettes a été plus prévoyante.



Les jours sans navigation, nous donnent envie de repartir, et nous n´attendons pas le vent portant, comme je me l´étais pourtant promis. Nous repartons de Camarinas le jeudi 12 à 6h. Départ de Camarinas Le vent èvidemment est de face 15 à 20 noeuds. Nous remontons au moteur jusqu´à l´ile Sisargas. La remonée au moteur est pénible, le bateau tape. Je regrette d'être parti et suis de mauvaise humeur. Après l´ile nous mettons les voiles pour aller sur la Corogne. le vent est établi à 25 noeuds (force 6) avec des rafale de force 7. Nous avons 2 ris et le génois roulé. Quelques paquets de mer nous mouillent, mais il fait trés beau. La mer est magnifique verte avec beaucoup de moutons blancs et de belles vagues. Le bateau marche bien. La mauvaise humeur ´est envolée. Nous apercevons la tour d´Hercules annoncant La Corogne. C`est le plus vieux phare du monde en fonctionnement. Il date des romains. Nous prenons le premier alignemet pour rentrer dans le port: Au moment de lancer le moteur, le silence du démarreur nous fait comprendre que nous devrons nous passer une nouvelle fois du moteur. (la troisième depuis le début du voyage !!). Nous téléphonons au port pour qu´il nous aide dans la manoeuvre d´arrivèe. Nous nous amarrons soulagés. Après vérification, je trouve un fil de démarreur déconnecté. Sans doute suite au mouvement brusque dans les vagues. Nous devenons des pros en mécanique et électricité !!



Nous décidons d´attendre à La Corogne, la bonne météo pour traverser directement le Golf de Gascogne pour arriver en Bretagne (de ce fait nous ne pouvons nous joindre aux 90 ans de mamita). Il nous faut une bonne météo sur au moins trois jours. Nous confrontons les météos obtenues sur internet avec celle d´Arnaud et des autres navigateurs. En particulier un bateau danois terminant son tour du monde. Il a du faire demi tour pour rentrer sur la Corogne car une dépression était annoncée. Un autre bateau Finlandais attend lui aussi pour se rentrer. Aujourd´hui nouus avons une fenetre pour un dèpart mardi ou mercredi soir. Affaire à suivre ...



La ville de La Corogne (250 000 habitants) ne manque pas d´intérets. Ses facades vitrées du début du 20 eme la font appeler la ville de cristal.la corogne, reflet






Noelle et Daniel

- page 1 de 2